Congo-Brazzaville: Patrimoine et tourisme - Les deux secteurs invités à travailler en synergie

L'appel est lancé par le directeur départemental du Patrimoine et des archives du Niari, Jean Jacques Mboungou, estimant que les deux domaines entretiennent des liens de complémentarité et peuvent contribuer effectivement à la diversification de l'économie du pays.

Jean Jacques Mboungou a insisté, au cours d'un entretien le 22 juin avec Les Dépêches de Brazzaville, sur l'importance pour les ministères chargés du patrimoine et du tourisme de travailler ensemble. Pour comprendre la relation entre les deux secteurs, a-t-il déclaré, il est nécessaire de connaître d'abord la différence entre un site du patrimoine et un site touristique. «Il y a une confusion qui est entretenue à ce sujet. Bon nombre de gens pensent qu'un site du patrimoine est un site touristique. Les sites que nous avons dans la nature sont soit des sites culturels, soit des sites naturels. Il y a aussi les sites mixtes mais au Congo, nous en avons pas vraiment», a expliqué le directeur départemental du Patrimoine et des archives du Niari.

Ces sites, a-t-il souligné, sont des biens qui pourront devenir des sites touristiques s'ils sont aménagés sur la base d'un plan de gestion. «Le grand travail à faire, c'est monter le plan de gestion ou plan directeur qui est propre à chaque site. Il est comme le tableau de bord qui permet au site de fonctionner. S'il n'y a pas de plan de gestion, c'est l'aventure», a précisé Jean Jacques Mboungou. Ce plan de gestion, a-t-il ajouté, est monté par des experts pluridisciplinaires (conservateurs du patrimoine, historiens du patrimoine, anthropologue social et culturel, journaliste archéologue ... .). Mais avant les sites doivent être inventoriés, inscrits sur une liste nationale à travers un décret pris en conseil des ministres et faire l'objet d'une procédure de valorisation qui doit être lancée par le ministère de la Culture et pris en compte dans le budget de l'Etat, a-t-il commenté. «Ce n'est que lorsque que tout cela est fait que le ministère de la Culture remet l'ouvrage au ministère du Tourisme pour la gestion du site. Le ministère du Tourisme ne peut rien sans celui de la Culture. Les deux doivent travailler en synergie pour contribuer effectivement à la diversification de l'économie du pays», a soutenu le directeur départemental du Patrimoine.

«Le tourisme n'est pas le patrimoine mais c'est un secteur connexe au patrimoine. Cela veut dire que sans patrimoine, il n'y a pas de tourisme. L'expérience a montré que jusqu'à ce jour, le Congo n'a pas encore vraiment un site touristique, il a juste des sites du patrimoine. Mais, dans la confusion, les gens pensent que nous en avons », a-t-il argumenté.

Par ailleurs, donnant les raisons de cette confusion, Jean Jacques Mboungou a relevé, entre autres, le fait que la dimension patrimoniale n'a été prise en compte que récemment. « Avant, on ne faisait que de l'animation culturelle. Nombreux pensaient que la culture, c'est seulement la musique, le théâtre et un peu le livre. La dimension patrimoniale ne date que de 2010 », a-t-il souligné. Jean Jacques Mboungou a indiqué que la dimension intrinsèque de la culture qui se retrouve dans le patrimoine doit être explorée. Pour cela, il est necessaire de former des conservateurs du patrimoine (dont le pays ne dispose pas encore), former des gens capables de mener à bien le processus de valorisation et travailler en synergie, a t-il souhaité.

Rappelons que le thème "Patrimoine et tourisme" a été développé par Jean Jacques Mboungou au cours d'une conférence organisée dans le cadre de la 15e édition du festival international N'sangu Ndji-Ndji qui s'est déroulée à Pointe-Noire, du 6 au 9 juin.

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