24 Juin 2019

Ethiopie: Le général Asaminew Tsige suspecté des assassinats de samedi tué par balle

Photo: Rwanda Govt
Dr Abiy Ahmed

Présumé commanditaire de la tentative de coup d'Etat, le général Asaminew Tsige est considéré comme responsable de l'assassinat du chef d'état-major de l'armée. Il a été tué par balle.

En fuite depuis le coup d'Etat manqué, samedi 22 juin, c'est à Bahir Dar, capitale régionale d'Amhara, que le général Asaminew Tsige a été tué par balle ce lundi 24 juin. C'est lui qui était considéré comme les responsables des assassinats de samedi 22 juin.

C'est à cette date que le président de cette région, Ambachew Mekonnen, et un de ses conseillers, qui participaient à une réunion, ont été tués par un commando armé. Le procureur général de la région, Migbaru Kebede a aussi perdu la vie. Dans une attaque séparée, le chef d'état-major des forces armées éthiopiennes, le général Seare Mekonnen, a été tué quelques heures plus tard.

Risque de division du pays

Des crises internes que le Premier ministre Abiy Ahmed a sous-estimé, selon Annette Weber. "Je crois qu'il n'a pas pris les conflits ethniques suffisamment au sérieux, que ça représente apparemment aussi un problème pour lui parce que beaucoup de ces conflits sont des problèmes internes aux Oromo, ou des conflits dans lesquelles des groupes d'Oromo ont joué un rôle négatif", estime cette experte de l'Ethiopie à la SWP, une fondation allemande pour la science et la politique. "Il faut qu'il se prononce plus clairement sur la question et mène une politique plus claire parce que ces conflits ethniques ne doivent pas avoir lieu en Ethiopie, ils risquent d'entrainer une division du pays."

Plus de sévérité ?

Le Premier ministre Abiy Ahmed a pris le pouvoir suite à une alliance entre les deux grands blocs, Amhara et Oromo. Celui-ci s'est efforcé de démocratiser le pays et légaliser des groupes dissidents. Mais cet assouplissement a également permis une expression plus libre des tensions ethniques qui se traduisent par des violences meurtrières.

"On peut imaginer que ça va engendrer une répression et un contrôle policier beaucoup plus sévère", estime désormais Jean-Loup Schaal, président de l'Association pour le respect des droits de l'Homme à Djibouti. "Ce qui va à l'encontre de la politique d'ouverture et de libéralisation qu'il avait entrepris."

Les Amhara représentent le deuxième groupe ethnique d'Ethiopie après les Oromo. Ces deux ethnies ont été à l'avant-garde de deux ans de manifestations qui ont provoqué la chute de l'ancien Premier ministre Hailemariam Desalegn.

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