24 Juin 2019

Burkina Faso: Crise au CDP - Une rencontre des SG vire à l'affrontement

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a organisé une rencontre d'échanges des secrétaires généraux des sections et des sous-sections du parti, le 23 juin 2019 au stade du 4-Août, à Ouagadougou. Cette rencontre, qui visait à statuer sur la vie et l'avenir du parti, a d'abord viré à un affrontement avant sa tenue réelle.

C'est un stade du 4-Août animé. Devant la salle n°1, se trouvait beaucoup de monde. Des injures par-ci, des coups de poing par-là, chacun tente de se sauver.

Du coup, on fait face à un vacarme total, on ne sait pas qui dit quoi, ni qui réclame quoi. Rassurez-vous, ce n'est ni un match de football ni une autre compétition sportive, mais plutôt une rencontre des secrétaires généraux (SG) du CDP, qui s'est transformée en spectacle.

« Tant que nous serons présents, cette rencontre ne va pas se tenir et je ne vois pas ce chien qui ira s'asseoir sur le présidium pour présider une telle rencontre », a lâché un jeune « gros bras » vêtu d'un t-shirt du parti.

D'ailleurs, nous avons dit à Eddie Komboïgo de démissionner, mais il s'entête à vouloir diriger le CDP. Qu'il vienne présider cette rencontre et il saura qui nous sommes », a poursuivi un autre. Avant que celui-ci ne finisse de parler, deux autres jeunes tentent, avec des coups de la poing, de forcer la porte ainsi que les fenêtres pour avoir accès à la salle de la rencontre.

Du coup, ces derniers se heurtent à des jeunes, aussi « gros bras », qui jouent la sécurité devant ces lieux. Mais cela ne va pas empêcher les frondeurs d'atteindre leur objectif qui est de casser la porte et les fenêtres pour vider la salle.

« Sortez ! Sortez, Eddie n'est pas le candidat du CDP à la présidentielle ; donc il n'a pas le droit d'organiser une rencontre », s'exclament certains jeunes en faisant tomber chaises et tables ainsi que des documents.

Nous comprenons, par la suite, que deux camps sont présents au stade. Les jeunes venus pour la rencontre avec les SG du parti et ceux présents pour empêcher la rencontre de se tenir. Parmi les frondeurs, un jeune nous déclare, son ticket de transport en main: « C'est de Ouahigouya que je suis venu pour dire mes vérités à ces dirigeants du CDP.

Qu'ils sachent qu'ils ne feront pas cette rencontre, parce que d'ailleurs, ils ne valent rien. C'est Eddie Komboïgo qui m'énerve.

En plus d'être un président de parti non crédible, il prétend vouloir diriger ce pays. Je suis déterminé à me battre jusqu'au bout. J'ai même perdu ma grand-mère dont l'enterrement est aujourd'hui, mais j'ai préféré venir à Ouagadougou pour empêcher cette rencontre de se tenir ».

Certains membres du bureau du parti essaient de calmer la tempête, mais peine perdue. Le seul moyen, c'est de se sauver.

Selon les dires de certains responsables du parti présents pour la rencontre, « ces frondeurs ne sont pas du parti, mais plutôt des voyous achetés par le camp Kadré Désiré Ouédraogo pour semer la zizanie au sein du parti ».

« Qu'il sache que la vérité va triompher. Pour l'instant, le CDP traverse un sale temps, mais tout est une question de jours », a-t-il. Ces frondeurs ont plus tard rejoint le siège du parti où des injures et menaces ont encore été proférées contre le président du parti.

Un peu plus tard, aux environs de 13h toujours dans la journée du 23 juin, après que le calme soit revenu, les SG du parti ont pu tenir leur rencontre au même lieu, en présence du président du parti, Eddie Komboïgo.

Avant que le président du parti ne se prononce sur l'incident des jeunes qui a précédé la tenue de la rencontre, celui-ci a lancé un appel à l'ensemble des militants des 45 provinces et des différentes communes de rester sereins et unis derrière la direction du parti, pour que des solutions soient trouvées à cette crise que le parti traverse.

« Rien n'arrêtera le CDP dans sa marche vers la conquête du pouvoir en 2020 », a-t-il déclaré. Concernant la rencontre, le président a confié qu'il s'agit d'une rencontre d'information pour statuer sur les textes du parti qui disent qu'il faut 600 noms pour aller au congrès extraordinaire. « Nos statuts proposent 600.

Or, ce nombre dépasse largement les 600. C'est pour cela que nous avons interpellé l'ensemble de nos SG des 45 provinces et ceux des 370 communes et arrondissements pour discuter et voir la conduite à tenir afin de revenir aux 600 noms ».

Eddie Komboïgo a aussi rappelé qu'ils avaient convoqué un congrès extraordinaire pour régulariser les statuts afin de les conformer à la volonté du Bureau exécutif national (BEN) pour porter les membres de Bureau politique national (BPN) à 1 004 personnes.

Des personnes qui ont siégé au sein du BEN ont attrait en justice la direction après avoir participé aux délibérations qu'eux-mêmes ont jugé incompréhensibles. Or, a-t-il poursuivi, ces derniers avaient souhaité que la direction ait l'avis du fondateur du parti, Blaise Compaoré qui, dans sa lettre, a indiqué qu'il souhaite qu'aucun membre ne soit exclu au niveau du BEN.

Parce que, pour lui, un parti s'agrandit et s'élargit. Donc, il a suggérée d'aller au congrès extraordinaire pour modifier les statuts afin de régler le problème.

Ce qui a amené des personnes, notamment Mahamadi Kouanda, Rasmané Daniel Sawadogo et bien d'autres à faire recours à la voie judiciaire, chose que le CDP n'a jamais connu dans le passé.

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