25 Juin 2019

Burkina Faso: Le MINEFID dans les locaux de la DGD - Les gabelous racontent leur calvaire

Chose promise, chose due ! Le ministre de l'Economie, des finances et du développement, Lassané Kaboré, avait promis, à sa prise de fonction, de s'inscrire dans «une gouvernance vertueuse» par le dialogue social, l'écoute et la concertation.

Manifestement, il est dans la logique de tenir sa promesse puisqu'il a initié une tournée dans les services centraux et déconcentrés de son département. Hier, 24 juin 2019, il était dans les locaux de la Direction générale des Douanes où l'attendaient, de pied ferme, ses agents.

« La Direction de l'Informatique et des statistiques qui est la cheville ouvrière pour la mise en œuvre de la politique de modernisation, souffre cruellement d'un manque d'informaticiens » ; « concernant les moyens matériels, les insuffisances se constatent au niveau des moyens roulants, les biens immeubles, l'armement et l'habillement des troupes » ; « dans ce contexte généralisé de menaces terroristes, bon nombre de casernes et d'offices de douane manquent de clôture, ce qui expose dangereusement les agents » ; « quant aux ressources financières, le problème de la Redevance informatique se pose avec acuité.

Depuis 2011, pour augmenter le taux de pression fiscale, cette redevance est reversée au budget de l'Etat avec la promesse que les montants concernés peuvent être retirés à tout moment pour remplir les fonctions pour lesquelles elle a été instituée. Toutefois, dans la pratique, cela est loin d'être le cas » !

Ce sont là les difficultés, sinon les « misères des douanes», énumérées par Adama Sawadogo, directeur général des Douanes devant le ministre de l'Economie, des finances et du développement, Lassané Kaboré.

Lassané Kaboré, celui-là même qui est chargé de «diriger le MINEFID, département stratégique chargé de conduire la politique économique, financière et de développement du Gouvernement», était allé à la rencontre des agents des Douanes du Burkina Faso, le 24 juin dernier, hier donc.

« Depuis ma prise de fonction, j'ai instauré ce cadre de concertation et de dialogue avec l'ensemble des acteurs de mon département », a justifié le ministre Kaboré devant les journalistes qui lui ont tendu le micro.

Avant de parler aux médias, le MINEFID a dû d'abord s'adresser à ses collègues venus de plusieurs localités du pays et tellement fortement mobilisés que la salle de conférence de la Direction générale des Douanes avait de la peine à les contenir. « Je suis venu toucher du doigt les réalités, les conditions de vie et de travail » des agents, a-t-il dit aux douaniers.

Il s'est agi, pour lui, également de saluer le travail abattu au quotidien par les agents des Douanes : la mobilisation record des recettes au profit de l'Etat malgré l'adversité de la nature et de l'homme ; le sens de service public des agents ; leurs sacrifices ; leurs actions dans le sens de la modernisation des services des Douanes.

Et ce n'est pas tout ! Lassané Kaboré a invité ses hommes «à redoubler d'efforts» dans l'accomplissement des missions à eux confiées. Le ministre a évoqué la « nécessité de maintenir le sens de la discipline et du respect de la hiérarchie » et ce, étant entendu que la Douane est un corps paramilitaire.

Travailler à reconstruire l'image écorchée du MINEFID

La crise qu'a traversée, il y a quelques mois, le ministère de l'Economie, des finances et du développement s'est invitée dans les débats.

« Cette crise a écorché, à tort ou à raison, l'image de notre département », a reconnu le ministre devant ses agents. Il a traduit sa reconnaissance à « tous ceux qui ont œuvré à la normalisation de la situation ».

De la crise, le DG Adama Sawadogo en a aussi parlé. « Notre ministère a connu des remous sociaux qui ont impacté négativement le recouvrement global des recettes. Il n'y a pas longtemps, un compromis a été trouvé avec l'ensemble des partenaires sociaux et le travail a repris sereinement, grâce à vos multiples efforts.

Nous sommes donc reconnaissants pour votre sens d'écoute, de dialogue et de concertation ». Ces mots de reconnaissance du DG ont été adressés au visiteur du jour. Et ces mots ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd.

« On passe plus de temps dans nos bureaux de travail que dans nos familles. Si dans le cadre du travail vous ne pouvez pas vous épanouir, vous ne pouvez pas donner le meilleur de vous-même », a confessé Lassané Kaboré pour qui la rencontre a permis « de voir une mobilisation, surtout un esprit de corps ».

Il a dit avoir positivement apprécié la liberté de ton, le franc-parler des agents et les bonnes suggestions qu'ils ont formulées. Il a promis d'examiner l'ensemble des doléances de ses agents et d'y répondre selon les possibilités disponibles.

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