25 Juin 2019

Cameroun: Human rights watch dénonce des tortures contre des civils

Photo: HRW
Caricature - Détention militaire illégale et torture

Dans un communiqué publié lundi, l'ONG internationale de défense des droits de l'homme accuse les groupes séparatistes de perpétrer des exactions contre des civils dans les régions anglophones du pays, confrontées à un conflit armé depuis plus d'un an.

« Une fois de plus, des documents circulent, confirmant les allégations selon lesquelles les séparatistes armés commettent des exactions à l'encontre des civils », a affirmé Lewis Mudge, directeur pour l'Afrique centrale à Human rights watch (HRW).

Dans le texte, l'organisation de défense des droits de l'homme affirme avoir visionné une vidéo, filmée mi-mai, montrant des séparatistes armés torturant un homme dans une école abandonnée dans la région du Nord-Ouest du Cameroun.

« La victime a été enlevée, passée à tabac et a subi des brûlures dans une école abandonnée. Dans la vidéo, la victime, qui est en sous-vêtements, est forcée par quatre séparatistes à s'asseoir sur des morceaux de papier enflammés (avant d'être frappée) à coups de bâton et de machette. On y voit aussi les séparatistes menacer la victime de la laver à l'essence », a rapporté l'ONG.

Selon HRW, les séparatistes armés ont également torturé des dizaines de personnes. Elle a, en outre, documenté de nombreux cas de torture par des séparatistes armés d'employés de la Cameroon development corporation, qui travaillent dans les bananeraies de la compagnie près de Tiko, dans la région du Sud-Ouest, soulignant que « les employés ont été passés à tabac ou mutilés parce qu'ils avaient refusé de participer à une grève générale ».

« Les dirigeants séparatistes devraient donner immédiatement à leurs combattants et à leurs partisans l'ordre de cesser ces attaques », a plaidé Lewis Mudge.

Dans son communiqué, l'ONG a préconisé « des sanctions ciblées aux chefs séparatistes qui portent une responsabilité pour les abus commis, notamment les actes de torture et les occupations d'écoles ».

Depuis 2016, date du début de la crise, la plupart des écoles ont fermé en raison du blocus imposé par les séparatistes. Après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur et dans lequel les civils sont pris en tenaille.

Des éléments des forces armées sont, eux aussi, régulièrement accusés d'être à l'origine d'exactions contre des civils.

En vingt mois, le conflit a fait mille huit cent cinquante morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International crisis group. Cette crise a déjà poussé plus de cinq cent trente mille personnes à quitter leur foyer, d'après des chiffres de l'ONU.

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