Afrique: Football - La FIFA met la CAF sous tutelle

Dans une interview accordée à Radio France internationale (RFI), Vincent Chaudel, spécialiste du sport business, a estimé que la réélection de Gianni Infantino à la tête de l'instance mondiale du football est synonyme de tolérance zéro vis à vis de la corruption.

Le patron de la Fédération internationale de football association (Fifa) veut redorer le blason de cette institution. La décision prise contre la Confédération africaine de football (CAF) intervient quelques jours après que son président, Ahmad Ahmad, a été entendu, à Paris, par les services de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales pour une affaire courante d'équipementier. « Nous sommes dans un contexte où le premier mandat de Gianni Infantino faisait suite à ce que l'on a appelé le "Fifagate", le grand dossier de corruption autour de Sepp Blatter et de l'intervention de la CIA, par rapport à l'attribution des Coupes du monde, celle de 2018 et surtout celle de 2022 au bénéfice du Qatar », précisé à RFI, Vincent Chaudel.

C'est finalement le numéro deux de la Fifa, la Sénégalaise Fatma Samoura, qui supervisera l'instance africaine de football. En effet, elle deviendra, dès le 1er août, déléguée générale pour l'Afrique pendant six mois, afin « d'évaluer la situation actuelle et de contribuer à l'accélération du processus de mise en œuvre des réformes en cours, destiné à assurer à la CAF un fonctionnement de manière transparente, efficace et selon les standards de gouvernance les plus élevés », a annoncé la Fifa dans un communiqué.

Cette sentence, tombée trois jours après le lancement de la Coupe d'Afrique des nations, aura sans nul doute des conséquences très lourdes sur le football continental en général et la CAF en particulier. En outre, cette décision suscite déjà plusieurs interrogations à tel point que certains spécialistes se demandent pourquoi seulement la CAF au moment où la corruption empoisonne plusieurs institutions footballistiques. D'autres se rejouissent du fait que cette mise sous tutelle apportera la lumière aux différents problèmes qui minent la gestion du football africain.

Notons que le président Ahmad Ahmad a été interpellé, le 6 juin, pendant plusieurs heures par l'Office anticorruption de la police française. Il est soupçonné de rompre un contrat avec l'équipementier Puma en faveur d'un autre équipementier, pour un montant supérieur au contrat initial. « Arrêtons ces fausses rumeurs. J'ai été interpellé à Paris, mais pas arrêté et il n'y a rien contre moi », avait-il lancé à sa sortie.

Cette histoire ne fait que commencer. Les prochains jours nous édifieront mieux sur le comportement des différents dirigeants du football africain et leur mode de gestion.

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