Sud-Soudan: L'application de l'Accord revitalisé reste le seul moyen pour une solution durable

25 Juin 2019

La mise en œuvre de l'Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud reste le seul moyen de parvenir à une solution politique à la crise, a souligné le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays et chef de la Mission des Nations Unies au Soudan du sud (MINUSS), en présentant son rapport trimestriel, ce matin, au Conseil de sécurité.

« Si les dividendes de la paix sont déjà perceptibles, la lenteur de la mise en œuvre de l'Accord, signé le 12 septembre 2018, a aggravé l'incertitude entourant le processus de paix », a regretté M. David Shearer.

Juste avant le 12 mai 2019, date marquant la fin des huit mois de la période de prétransition, les parties sud-soudanaises ont décidé à l'unanimité de proroger de six mois ladite période pour permettre la mise en œuvre des conditions préalables indispensables à la transition.

Au titre de ces conditions il y a le règlement de la question du nombre d'États et des limites de ceux-ci ; l'examen et la rédaction de textes de loi essentiels ; l'incorporation de l'Accord revitalisé à la Constitution de la transition ; le cantonnement, la formation et le redéploiement des forces unifiées.

L'Union africaine (UA), l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'ONU ont travaillé ensemble pour appuyer le processus en cours, a rappelé M. Shearer. Mais, a-t-il prévenu, nous sommes tous d'avis que cette prorogation doit être « la dernière ».

Même s'il est possible que certaines tâches ne puissent pas être complètement achevées d'ici novembre, « cela ne devra pas retarder la formation du gouvernement de transition » a fait valoir le chef de la MINUSS. Il a donc exhorté les parties à maintenir un esprit de compromis et de collaboration.

Des progrès dans la mise en œuvre de l'Accord revitalisé

Sur une note positive, David Shearer a indiqué que la mise en œuvre de l'Accord revitalisé continue de progresser et que le cessez-le-feu se maintient, sauf dans l'Équatoria-Central. De fait, la violence politique a diminué, ce qui veut dire que des centaines, voire des milliers de personnes, sont restées en vie, s'est félicité le Représentant spécial.

En outre, depuis la signature de l'Accord, plus d'un demi-million de personnes ont pu retourner chez elles et l'accès humanitaire a été amélioré, tandis que plus de 110 rapprochements, dont un quart directement facilités par la MINUSS, ont eu lieu dans des communautés à travers tout le pays, a-t-il souligné.

Du côté de la population, « le désir de paix est palpable et il y a une forte aversion pour toute reprise des combats », a témoigné le Représentant spécial.

« Soyons francs, a-t-il poursuivi, les combats ont cessé parce que les dirigeants ont ordonné aux soldats d'arrêter. S'ils reprennent, contre la volonté du peuple, ce sera parce que ces mêmes dirigeants ont ordonné leur reprise », a-t-il ajouté.

D'après M. Shearer, le rythme du dialogue et de la consolidation de la paix est beaucoup plus rapide à l'échelon local qu'au niveau des élites qui négocient sur le plan national. « Les politiciens du pays doivent écouter l'opinion des gens et suivre la voie tracée par les communautés locales. »

Toujours selon le Représentant spécial, l'absence de réunions en face-à-face entre le Président Salva Kiir et le leader de l'opposition Riek Machar reste « un défi fondamental ». Or de telles rencontres, de préférence à Djouba, sont essentielles pour renforcer la confiance.

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