Congo-Kinshasa: Prime de risques réclamée - Gaz lacrymogènes et tirs de sommation pour disperser les médecins en protestation

Les médecins et les infirmiers de la République Démocratique du Congo ont organisé une marche pacifique, le lundi 24 juin dernier, pour réclamer leur prime de risques qu'ils ne touchent toujours pas, malgré plusieurs réclamations. Au cours de cette manifestation, ils ont été interrompus et pourchassés par les éléments de la police nationale par des gaz lacrymogènes et tirs de sommation.

Cette marche a eu pour point de départ la place du 30 juin (Gare Centrale) et devait avoir comme point de chute, la Cité de l'Union Africaine, où réside le Président de la République, en vue de lui déposer un mémo. Ils marchaient pacifiquement sur le Boulevard du 30 juin... arrivés en diagonale de la Direction Générale de la REGIDESO, ils ont été brutalement dispersés aux coups des gaz lacrymogènes et tirs de sommation. Certains ont même été battus par les policiers, alors qu'ils étaient en train de revendiquer pour l'obtention de leur prime de risques et de la mécanisation de nouvelles unités.

Parmi les marcheurs, plusieurs ont été violemment mis aux arrêts par les forces de l'ordre pendant que d'autres étaient contraints à prendre la poudre d'escampette, le long du bâtiment de la Direction Générale de la REGIDESO. Une scène qui a dérangé plus d'un kinois. Témoin oculaire de l'évènement, un quinquagénaire a laissé entendre qu'il n'y avait aucune raison valable de les poursuivre avec des gaz, alors que la loi autorise les marches pacifiques. En plus, poursuit-il, les protestataires avaient notifié l'autorité compétente en vue de cette manifestation.

"Avec ce genre de réaction, nous sommes très loin d'être dans un Etat des droits. Pendant un moment, nous avions cru que l'avènement de Félix Tshisekedi à la tête de l'Etat avait mis fin à cette façon de faire de la Police Nationale Congolaise, mais c'est clair que ce n'est pas le cas", s'est indigné un étudiant de la place.

Pour plusieurs, cette répression est tout simplement regrettable. "La Police Nationale est sensé nous protéger ainsi que nos biens. Au lieu de cela, ceux qui en font partie ne cessent de nous brutaliser à chaque fois qu'ils en ont l'occasion, c'est regrettable", a témoigné un agent de l'Etat.

Un médecin a laissé entendre que les médecins et les infirmiers sont des personnes que l'Etat devait véritablement considérer. Il s'avère que ces professionnels de la santé sont malheureusement négligés jusqu'au point de ne pas être en mesure de toucher leur prime de risques. "Le Président de la République, Félix Tshisekedi doit voir ce dossier de près afin de satisfaire nos attentes comme tout bon père de famille", a-t-il mentionné.

Il sied de rappeler que la première marche des médecins sans prime de risques s'est tenue au mois de février dernier, où ils avaient réussi à déposer leur mémo. La seconde a eu lieu le mois suivant et celle-ci est la troisième. La démarche consiste à ce que tous les médecins soient alignés à la prime de risques, et qu'il y ait une prise en compte du rapport de l'inspecteur général à la santé publique qui a déniché 28.000 agents fictifs touchant la prime de risques. Mais aussi que ces agents fictifs soient remplacés par les vrais agents.

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