26 Juin 2019

Congo-Kinshasa: Le chef de guerre Guidon sous le coup d'un mandat d'arrêt

Photo: Human Rights Watch
Prison militaire en RDC

La justice militaire congolaise du Nord-Kivu a émis un mandat d'arrêt contre Guidon Shimiray Mwissa. RFI s'est procuré le document daté du 7 juin 2019, dont le procureur militaire, le général Timothée Mukuntu, a confirmé l'authenticité.

« Participation à un mouvement insurrectionnel », « crime de guerre par recrutement d'enfants » et « crime contre l'humanité par viol ». Voilà les motifs qui figurent sur le mandat d'arrêt lancé contre Guidon Shimiray Mwissa par la justice militaire, qui avait ouvert un dossier contre lui en mars 2018. Depuis, plusieurs victimes ont été entendues, précise l'auditeur général de l'armée Timothée Mukuntu.

Déjà sous sanctions de l'ONU, le chef de guerre est à la tête depuis 2015 d'une coalition de groupes armés, baptisée NDC-R (Nduma Defense of Congo-Rénové) qui mène des offensives contre divers groupes armés hutus, congolais comme étrangers, dans le Nord-Kivu.

Ces derniers mois, de sources onusiennes, Guidon Shimiray Mwissa a considérablement étendu sa zone d'influence, occupant désormais « des localités et sites miniers du territoire de Walikale », mais aussi du Lubero, du Masisi et du Rutshuru. Dans le mandat d'arrêt, il est accusé de se « substituer aux autorités locales » et de se livrer avec ses hommes « à des exactions graves sur les populations civiles ».

« Une grave menace pour la stabilité de la région »

Guidon Shimiray Mwissa est notamment pointé du doigt par plusieurs sources dans l'inquiétante augmentation des cas de viols dans le Masisi sur fond d'affrontements avec les Nyatura, un autre groupe armé.

Dans son dernier rapport paru début juin, le groupe d'expert des Nations unies notait une « augmentation de ses effectifs » et le tenait aussi pour responsable du déplacement du « CNRD, un groupe armé rwandais » du Masisi vers la zone de Kalehe, dans le Sud-Kivu, où l'arrivée des hommes du CNRD a entraîné une « montée de tension » avec les populations locales. Le rapport estime qu'il constitue une « une grave menace pour la stabilité de la région. »

Les mêmes experts, qui ont régulièrement pointé l'absence d'opérations militaires menées contre Guidon Shimiray Mwissa et ses hommes, confirment aussi dans ce rapport l'existence d'une « collaboration » entre son groupe et « l'armée congolaise ».

Pour Jason Stearns, directeur du Groupe d'experts sur le Congo (GEC), rattaché à l'Université de New-York, le NDC-R de Guidon a été utilisé depuis sa création comme « supplétif de l'armée congolaise » et symbolise à ce titre « la guerre par procuration » menée par cette armée à l'est du Congo, au prix d'importantes violations des droits de l'homme.

Souvent dans ces régions, quand les FARDC (l'armée congolaise) ont besoin d'un allié, ils ont recours aux NDC-R, comme ils ont une grande capacité de mobilisation et une grosse puissance de feu (...). Lorsque l'armée congolaise lance ses opérations en 2015 contre le groupe FDLR, c'est aux NDC-R qu'ils ont recours pour les aider dans leurs opérations...

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