Burkina Faso: Réforme du Code pénal - «Son adoption ouvre un boulevard à la presse internationale... »

Le vendredi 21 juin dernier, l'Assemblée nationale a adopté la loi portant modification du code pénal au Burkina Faso. A entendre Gilbert Ouédraogo, président de l'ADF/RDA, par ailleurs principal orateur du jour, dans le fond, cette loi modificative qui est un coup de massue porté sur la presse burkinabè et les leaders d'opinion, prouve à souhait l'absence de vision et le tâtonnement auquel le pouvoir actuel nous a habitués.

«Il s'agit de réduire la liberté d'expression. Déjà, il y a des restrictions qui avaient été prévues en mai 2018 lorsqu'on votait le code pénal parce que, tout le code pénal a été révisé en moins d'une année. Cela veut dire qu'on a manqué vraiment d'anticipation parce que, on a adopté un texte qui n'a pas prévu toutes les situations.

Ce ne sont pas des lois qu'on change à tous les coups parce que vous disposez pour l'avenir. Au-delà de la question de la limitation de la liberté d'expression, c'est qu'on ne prend pas le temps de bien étudier ces textes» a-t-il expliqué.

Pour l'opposition, il ne s'agit point de durcir la réglementation encore moins de chercher à se voiler la face pour croire régler le problème et surtout pour apaiser sa conscience, «il s'agit plutôt d'apporter sur le terrain la réponse qui s'impose et non de chercher comme à son habitude des boucs émissaires ou à infantiliser la presse nationale et les leaders d'opinion en leur imposant un silence absolu sur toutes les questions liées au terrorisme». «Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on soigne la fièvre» a lancé M. Ouédraogo

Dans la forme, selon l'opposition, l'adoption de cette loi s'est faite à la hâte sans associer les principaux concernés. Le président du Parti des militants pour le peuple (PMP), Abdoulaye Arba, «exige» le respect du caractère sacré de nos lois, de la justice.

«Un texte ne se prend pas à la va-t'asseoir car, cela jouera sur les générations à venir. Nous demandons le respect du caractère sacré de nos textes, de la justice parce que c'est la justice qui va appliquer les différents textes adoptés», a affirmé M. Arba.

Par cette révision, aux dires des conférenciers, le régime du MPP pousse les journalistes et autres leaders d'opinion à la clandestinité. Ce qui, a fait savoir M. Ouédraogo, «risque de conduire à une situation plus dangereuse que le mal qu'ils prétendent soigner.

Cette loi qui est dirigée contre les medias nationaux réduit leur force dans la concurrence et ouvre un boulevard à la presse internationale qui risque d'avoir le monopole de l'information nationale».

De la question des examens scolaires dont les résultats (BEPC) ont connu une «nette régression» à tous les niveaux, à entendre l'opposition politique, «les enfants sont en train de payer le prix de l'échec de la politique gouvernementale en matière d'éducation, doublée de la négligence que le pouvoir en place a affichée envers les travailleurs de l'Education nationale tout au long de l'année scolaire».

L'opposition exige plus de transparence et demande solennellement au gouvernement de faire le point sur le nombre d'élèves qui n'ont pas pu passer les examens scolaires du fait de l'insécurité dans leurs zones, d'éclairer l'opinion publique sur leur démarche pour la session de rattrapage et de situer le peuple sur ce qu'ils comptent faire pour rouvrir les écoles fermées.

Du projet de construction de complexes scolaires, un don de la Chine, si pour l'opposition le geste est appréciable, il «est encore meilleur de faire le point des écoles saccagées ou incendiées » faute de quoi, prévient M. Ouédraogo «le risque est grand de fournir des efforts inutiles ou de construire des écoles dans des villages dont les habitants ont fui à cause du terrorisme».

Parlant des populations fuyant cette insécurité vers Ouagadougou, l'opposition demande au gouvernement de créer les conditions de sécurité dans les zones concernées et ces déplacés retourneront sans attendre l'avis d'autrui.

Pour l'opposition, le «gouvernement veut éloigner la face visible de son échec de Ouagadougou». «Ces femmes et hommes fuyant l'horreur viennent lui rappeler que le pays est en train de sombrer du fait de leur gestion chaotique et que nul n'est à l'abri» a déclaré M. Ouédraogo.

S'agissant du silence du ministère de la Fonction publique sur la non-tenue d'abord des concours directs pour la session 2019, l'opposition politique demande au ministre en question de se prononcer «sans ambiguïté et dans les délais les meilleurs, sur cette question qui intéresse tant la jeunesse patriotique du Burkina Faso et le peuple entier».

Par ailleurs l'opposition s'est prononcée sur l'arrestation de l'artiste «Rama la Slameuse» qui, pour les conférenciers «n'est qu'une action de diversion».

Par conséquence, pour l'opposition, la justice doit être la même pour tous et doit user de la même célérité pour le traitement de tous les autres dossiers soulevés par l'ASCE/LC et le Ren-lac.

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