Centrafrique: Pour ses premiers dossiers, la CPS épargne les chefs de guerre

Alors que la CPS, la Cour spéciale chargée de juger les crimes contre l'humanité commis en Centrafrique, débute ses travaux, la société civile craint que les principaux responsables de massacres n'échappent à une condamnation.

Huit mois après son inauguration, la CPS, la Cour pénale spéciale chargée de juger les graves violations des droits humains commises en Centrafrique depuis 2003, annonçait la semaine dernière qu'elle était en train d'instruire trois dossiers qui pourraient déboucher sur des procès d'ici la fin de l'année prochaine.

La CPS ne donne pas de détails sur ces affaires, mais la société civile centrafricaine ne cache pas sa crainte de voir poursuivre uniquement des « seconds couteaux ».

La CPS se veut équilibrée dans le choix de ses premiers dossiers mais aura sans doute du mal à s'attaquer aux chefs de guerre.

Parmi les trois dossiers prioritaires, on compte celui sur les attaques de juillet 2017 dans la ville d'Alindao et ses environs, attribués à l'époque au groupe ex-Seleka de l'UPC [Unité pour la paix en Centrafrique], selon un spécialiste du pays. Ces violences avaient alors coûté la vie de casques bleus marocains et de nombreux civils centrafricains.

Autre dossier dans le collimateur de la CPS : des massacres dans la région de Bangassou, dans l'est du pays, que l'on avait imputé aux anti-balakas à la même période et dans lesquels des casques bleus et des civils avaient également été tués.

Amnistie de fait pour les chefs de guerre

La Cour pénale spéciale pour la Centrafrique se donne un an et demi pour mener à bien ses enquêtes avant les premiers procès projetés début 2021 mais il ne faut pas s'attendre à voir « de gros poissons » sur le banc des accusés, prévient une source.

« Il n'y a pas un accord formel sur une amnistie de fait accordée aux chefs de guerre, explique ce spécialiste. Mais ceux qui vont respecter l'accord de paix de Khartoum ne seront pas inquiétés pour le moment. »

Contrairement au TPIR, qui avait pour mandat de juger les responsables du génocide des Tutsis de 2014 au Rwanda, la CPS « ne se concentre pas exclusivement sur les plus hauts dirigeants et les personnes les plus responsables », selon son service de communication.

« Les chefs de groupes armés ne seront probablement pas les premiers arrêtés en Centrafrique, mais cela ne veut pas dire qu'ils seront à l'abri de poursuites dans le futur », estime une source diplomatique.

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