26 Juin 2019

Sénégal: Lenteurs dans le traitement judiciaire des dossiers de l'OFNAC - Seynabou Ndiaye Diakhaté «clashe» Serigne Bass

La présidente de l'Office national de lutte contre la corruption (Ofnac) n'apprécie pas la sortie du procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, sur les dossiers transmis par sa structure. Venue prendre part à l'ouverture du séminaire de validation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, elle a exprimé tout son étonnement sur les explications données par le chef du parquet sur les lenteurs notées dans le traitement judiciaire des affaires visées.

Dans sa dernière sortie, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait indiqué avoir retourné le dossier du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), à l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) rédactrice du rapport afin que des corrections soient apportées. Sa présidente, Seynabou Ndiaye Diakhaté, n'a pas trop apprécié cette sortie du maitre des poursuites.

« J'ai beaucoup de respect pour mon collègue, le procureur de la République, mais ça m'étonnerait qu'il puisse nous retourner nos dossiers d'enquête», s'est-elle étonnée hier, mardi 25 juin, en marge de l'ouverture du séminaire de validation du rapport sur la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Seynabou Ndiaye Diakhaté a dit par ailleurs que « la procédure pénale en cours à l'Ofnac n'est pas celle qui est prévue dans le Code de procédure pénale ».

Et d'ajouter : « l'Ofnac ne travaille ni sous l'autorité ni sous la direction du procureur de la République. Ce sont les officiers de police judicaire et les agents de police judicaire qui travaillent sous son autorité ».

Seynabou Diakhaté trouve en conséquence que c'est à Serigne Bassirou Guèye de hâter le pas dans le traitement des dossiers qui lui ont été remis. « Le dossier du Coud a été transmis au procureur depuis 4 ans.

Lui-même, il dit avoir reçu 19 rapports de l'Ofnac. Et aucun dossier n'a été exploité. Je l'invite plutôt à exploiter les dossiers reçus de l'Ofnac pour prendre une décision ».

Pour rappel, en conférence de presse le 12 juin dernier, Serigne Bassirou Guèye avait justifié le non traitement du rapport de l'Ofnac sur le Coud par des manquements dans le dossier.

En effet, disait-il, à la fin de l'enquête, les éléments de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), sont arrivés à la conclusion de détournement sur deux montants, dixit le Procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, lors de son dernier face-à-face avec la presse.

Le premier porte sur une somme de 127.837.530 F CFA qui pouvait, pour lui, être imputée au commissaire-priseur qui était chargé de vendre le matériel réformé du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud).

Le second élément qui met en cause l'actuel ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et ancien directeur du Coud, Cheikh Oumar Hann, aussi bien que le chef du service de l'approvisionnement et l'agent comptable du Coud, porte sur un montant de 82 ou 89 millions, selon des pages du rapport.

Dans la seconde affaire, la difficulté, selon Serigne Bassirou Guèye, c'est qu'il est dit que le chef du service de l'approvisionnement a encaissé l'argent auprès de l'agent comptable et a effectué les dépenses. Il s'est avéré, dès lors, difficile de parler de détournement, dès l'instant que le document a évoqué des dépenses, a soutenu le parquetier.

L'autre difficulté relevée par Serigne Bassirou Guèye, c'est que le directeur du Coud de l'époque cité dans cette affaire n'a pas été informé de l'existence du rapport afin qu'il puisse donner ses explications, comme le requiert la justice.

Le rapport ne lui a pas été encore communiqué, de même que les personnes qui étaient en train d'exécuter ledit marché, si l'on en croit Serigne Bassirou Gueye. C'est sur cette base, avait-il dit que le parquet a décidé d'un retour du rapport à l'envoyeur qui est l'Ofnac.

Sénégal

Le rêve brisé de Mané

En haranguant le public sénégalais pendant l'échauffement, Sadio Mané avait clairement… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.