Cote d'Ivoire: Biogaz et compost - Vers la mise en place d'une stratégie nationale 2020-2030

La valorisation du biogaz et du compost va permettre la création de nombreux emplois verts en Côte d'Ivoire.

Six mois après le lancement officiel du projet dénommé « Appui à la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (Cdn) dans le secteur des déchets en Côte d'Ivoire », le pays est résolument tourné vers le développement du biogaz et du compost.

Ce projet, faut-il le rappeler, vise à la valorisation organique et énergétique des déchets urbains. Ce qui a conduit à la tenue d'un atelier de validation technique des documents de stratégies sur le biogaz et le compost, les 18 et 19 juin à Hôtel la Rose Blanche à Abidjan.

Cet atelier a permis aux parties prenantes d'apporter des inputs puis valider les deux rapports provisoires des études réalisées par des experts internationaux.

Ces documents sont maintenant aux mains du ministre de l'Environnement et du Développement durable. Une fois le quitus du gouvernement donné, la Côte d'Ivoire se sera dotée de deux importantes stratégies dans le domaine de la gestion des déchets solides.

Et elle pourra mettre en œuvre sa Politique nationale de développement de biogaz (Pndb) et sa Politique nationale de développement du compostage (Pndc), sur la période 2020-2030.

La réduction des gaz à effets de serre

A l'ouverture de l'atelier, Masséré Kaba, directrice de cabinet adjointe du ministre de l'Environnement et du Développement durable, a relevé l'importance de ces deux documents stratégiques.

« Ils sont appelés à devenir de véritables gouvernails pour construire des bases solides sur lesquelles reposera notre système de gestion durable des déchets », a-t-elle affirmé.

Avant de rappeler l'enjeu: « la Côte d'Ivoire s'est fixée un objectif cumulatif de réduction des émissions des gaz à effets de serre de 28% à l'horizon 2030. Et ce, sans mettre en mal son ambition d'industrialisation d'ici à 2020 ».

Et l'émissaire du Pr. Joseph Séka Séka d'ajouter: « le projet permettra à la Côte d'Ivoire d'avoir une vision claire en matière de valorisation organique et énergétique des déchets par le biogaz et le compost ».

Ces deux mécanismes présentent des avantages inouïs pour le pays, a fait savoir Gustave Aboua, directeur général de l'Environnement et du Développement durable. Car, dira-t-il, « cette initiative permettra la création d'une unité pilote de compostage et de métallisation en Côte d'Ivoire ».

Et au directeur national du projet de faire savoir que cela va « créer des opportunités de coûts-bénéfices en améliorant la santé des populations, contribuer à la sécurité alimentaire et créer des emplois verts ».

L'appui du gouvernement canadien

Ce projet bénéficie d'un soutien considérable des partenaires au développement notamment, l'ambassade du Canada en Côte d'Ivoire.

Avec un engagement de 2,65 milliards de dollars canadiens, l'équivalent de 1165,9 milliards de Fcfa, pour le financement du climat, le Canada a décidé d'investir 2,12 millions de dollars canadiens (925,5 millions de F Cfa) sur trois ans pour soutenir la mise en œuvre des Cdn dans le secteur de la gestion des déchets en Côte d'Ivoire et au Sénégal.

C'est à juste titre que Simon Snoxell, premier conseiller de l'ambassadeur du Canada en Côte d'Ivoire, a salué les efforts déjà consentis par le gouvernement ivoirien. Avant d'affirmer: « le gouvernement du Canada est vraiment fier d'appuyer ce projet avec d'excellents partenaires.

Ce projet nous tient à cœur parce que le Canada est un leader au vu de nos engagements sur les questions relatives aux changements climatiques ».

En tant que partenaire technique, Angèle Luh, chef du bureau Afrique de l'Ouest et Centrale de Onu Environnement, a indiqué que « dans le contexte actuel de la lutte contre le changement climatique, le secteur des déchets notamment, urbains est, certes une source de production de gaz à effets de serre, mais consiste un gisement important de réduction des émissions de méthanes et de carbones noirs ».

Et ce projet, selon elle, va permettre de « combler le déficit en matière de cadre juridique et réglementaire pour la vulgarisation et l'encadrement des technologies du biogaz et du compost tant à l'échelle domestique qu'industrielle ».

Une fois ces deux stratégies définitivement adoptées et mises en œuvre, elles constitueront « une source additionnelle d'énergies renouvelables en ce qui concerne le biogaz et le biofertilisant pour le compost.

Tout ceci s'accompagnera par la création d'emplois et de revenus substantiels », a fait savoir l'experte de Onu Environnement.

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