Afrique: « Piège de la dette » - Pékin se défend en faveur de l'Afrique

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a récusé, le 25 juin, des allégations portées par « certaines forces extérieures » sur les prêts de son pays taxés de « piège de la dette ».

La Chine, accusée d'entrainer les pays africains dans le « piège de la dette », affirme soutenir des projets de développement « durables », en réponse à ses détracteurs.

« Nous nous devons de faire progresser notre coopération et nos projets communs dans le respect des règles du marché », a fait savoir Wang Yi, lors d'une réunion régulière de suivi des actions décidées au cours du forum de l'automne dernier, et en présence d'une cinquantaine de pays du continent. Mais l'abondance des financements accordés par Pékin pour des projets d'infrastructures inquiète le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

« Depuis quelque temps, certaines forces extérieures », a affirmé le chef de la diplomatie chinoise, tentent de diffamer et de saper la coopération Chine-Afrique sous des accusations de « soi-disant néo-colonialisme et de piège de la dette ». Des accusations qui, selon ce dernier, sont sans fondement et ne sont pas acceptées par les peuples d'Afrique.

Ces propos sont intervenus au lendemain de l'avertissement lancé par le sous-secrétaire d'Etat américain chargé de l'Afrique, Tibor Nagy, qui n'est pas à sa première offensive contre la Chine.

« Les pays africains qui contractent une dette qu'ils ne peuvent pas rembourser, y compris à la Chine, ne doivent pas s'attendre à être renfloués », a déclaré Tibor Nagy, alors que 40% des pays à faible revenus du continent sont surendettés ou en voie de le devenir, d'après le FMI.

Des officiels et des parlementaires américains accusent souvent la Chine de chercher à étendre son influence régionale avec l'initiative de « la Ceinture et la route », ce qui fait tomber, soutiennent-ils, des pays africains dans « le piège de la dette » et nuire à leur souveraineté et à leur développement durable.

Comme une importante proportion de ces dettes est contractée envers des entreprises ou banques chinoises, certains soupçonnent des contreparties opaques et une relation prédatrice.

A en croire l'agence de notation Moody's, le risque de « stress financier » va s'accroître au début de la prochaine décennie. La Banque mondiale et le FMI tirent également la sonnette d'alarme. Il ne faut pas que les pays acceptant d'accueillir certains de ces chantiers et aient le sentiment que « c'est un repas gratuit », a fait observer la patronne du FMI, Christine Lagarde, à l'occasion d'un forum sur « les nouvelles routes de la soie ».

Des observateurs plus neutres s'interrogent sur les conséquences politiques de cette prééminence des créances chinoises. Car la même question se pose en Asie, au Sri Lanka ou en Malaisie, dont le président Mahatir Mohamad a dénoncé le « néocolonialisme ». Certains analystes amateurs de formule parlent d'une « Diplomatie de la dette piégeuse », ou « piégée ».

Pour un pays en développement, la Chine représente un moyen rapide de s'équiper en infrastructures, faire vivre une classe moyenne et diversifier les partenaires diplomatiques ; mais « l'appétit » -disait le FMI du Kenya- pour les prêts chinois se paie parfois au prix de contreparties aliénantes ou moins transparentes.

En septembre dernier, le président chinois s'était engagé à annuler la dette contractée lors d'emprunts chinois sans intérêt pour les pays les plus pauvres d'ici à la fin de l'année.

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