Cote d'Ivoire: Lutte contre le travail des enfants - Pourquoi le budget du nouveau plan d'action national est en hausse

Le budget prévisionnel du plan de lutte contre le phénomène en Côte d'Ivoire passe de près de 13 milliards à plus de 76 milliards de FCfa.

La Côte d'Ivoire a validé officiellement, mardi dernier, son troisième plan d'action national de lutte contre la traite, l'exploitation et le travail des enfants. Le budget est évalué à plus de 76 milliards de FCfa. Alors que le précédent plan (2015-2017) avait un budget prévisionnel de 12 milliards 980 millions 296 mille 600 F CFa.

Cette hausse du budget vise à réduire de manière significative le fléau, s'attaquer à ses causes profondes, et aborder le sujet dans sa globalité.

Selon la Première dame Dominique Ouattara, présidente du Comité national de surveillance des actions de lutte contre la traite, l'exploitation et le travail des enfants (Cns), les enfants ne doivent pas être soumis à des travaux dangereux. Par contre, les adolescents peuvent exécuter pendant les vacances scolaires des travaux légers ne mettant pas en péril leur santé.

C'est qu'au dire de la secrétaire exécutive du Cns, Sylvie Patricia Yao, le plan d'action national 2019-2021 change d'approche. Il ne s'agit pas de mettre en œuvre une approche sectorielle mais une vision globale.

C'est-à-dire, celle qui intègre cette lutte dans le programme social du gouvernement. Des aspects dudit programme sont pris en compte tel que le projet des filets sociaux productifs pour aider les familles démunies.

« Le budget répond à la nécessité de s'attaquer aux causes profondes et aux nouveaux défis liés à la lutte contre le travail des enfants comme par la mise en place d'un système national de traçabilité du cacao (géolocalisation des parcelles, recensement des producteurs) et la mise en œuvre d'une stratégie nationale de communication », dira-t-elle.

Ce budget s'articule autour de trois axes. L'accès des enfants aux services sociaux de base, la réduction de la vulnérabilité socioéconomique des familles et des communautés, le cadre institutionnel, juridique et programmatique de lutte contre le phénomène.

Plus de 70 milliards de FCfa seront consacrés aux deux premiers axes. Les programmes sociaux, le Cns, le Cim, des partenaires nationaux et internationaux (agences des Nations unies, industrie du chocolat, conseil du café cacao... ) apporteront leurs contributions.

Bilan du plan 2015-2017

Faisant le bilan du précédent plan d'action, elle a relevé la volonté politique du Président de la République, Alassane Ouattara, qui a créé en 2011 par décret les deux comités nationaux chargés de lutter contre ce fléau, le comité interministériel de lutte contre la traite, l'exploitation et le travail des enfants.

Lequel comité est composé de 12 ministères. Il y a le Comité national de surveillance des actions de lutte contre la traite, l'exploitation et le travail des enfants (Cns), qui comprend 12 structures dont des Ong, des organisations d'employeurs

De 2015 à 2017, le plan a été exécuté à 73,96 % pour des activités réparties sur quatre axes. La prévention du phénomène, l'assistance et la protection des victimes, la poursuite et la répression des trafiquants, la coordination et le suivi-évaluation des actions.

Des campagnes de sensibilisation concernant l'interdiction et la répression par la loi du travail des enfants ont été menées. Plus de 70 000 acteurs (corps préfectoral, magistrats, assistants sociaux... ) intervenant dans la chaîne de remédiation ont été formés.

Grâce au gouvernement et au soutien de l'Unicef, plus de 700 000 écoliers qui n'avaient pas d'actes de naissance ont vu leur situation régularisée à l'état civil. Plus de 100 cantines construites en zones rurales.

Concernant des actions de secours, 8000 enfants à risque d'exploitation et victimes ont été secourus et pris en charge pour une réinsertion familiale.

Un centre d'accueil pour enfants en détresse a été construit par la fondation Children of Africa à Soubré. Deux autres sont en finition à Bouaké et Ferkessédougou.

Au niveau de l'amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, 43 centres de santé ont été réalisés et équipés, 1046 pompes hydrauliques villageoises améliorées, 200 000 femmes ont bénéficié du Fonds d'appui aux femmes de Côte d'Ivoire dont plus de 33 000 personnes en zones cacaoyères.

S'agissant des enquêtes et opérations de police, celles de la sous-direction de la police criminelle ont permis de condamner 187 trafiquants.

Dominique Ouattara a mis le cap sur l'échiquier international (Europe et États-Unis) pour communiquer sur les efforts du pays et partager les expériences dans ce combat.

Des accords de coopération ont été signés avec le Mali, le Burkina Faso et le Ghana pour prévenir la traite transfrontalière dans la sous-région. Résultat, les efforts de la Côte d'Ivoire pour éliminer ce fléau ont été reconnus aux États-Unis et le pays a été reclassé dans la catégorie 2.

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