Congo-Kinshasa: Totalisant 25 ans de vie sacerdotale - Le père Isidore Ndjibu Kaumbu exhorte les jeunes à se laisser toucher par l'amour du Christ

Missionnaire de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, CICM, communément appelée la Congrégation des Pères de Scheut, le congolais et digne fils du terroir songye, le père Isidore Ndjibu Kaumbu vient de totaliser 25 ans de vie sacerdotale au service de Jésus-Christ et de l'humanité.

Curé dans une paroisse du Mexique, en Amérique du Nord, il séjourne présentement à Kinshasa, pour fêter son jubilé d'argent avec l'église de la RD. Congo et ses frères et sœurs. C'est dans ce cadre qu'il n'a pas hésité de se confier en exclusivité à La Prospérité au cours d'une interview à Saint Raphaël de Limete, le lundi 24 juin dernier. Ce missionnaire de Dieu adresse, particulièrement, son message aux jeunes congolais à qui il exhorte de se laisser toucher par l'amour du Seigneur Jésus-Christ, non pour le garder mais le partager aux autres. Découvrez, ci-dessous, en intégralité, cet entretien à bâtons rompus.

Père Isidore Ndjibu, que peut-on retenir de cette fête du jubilé d'argent que vous célébrez en RD. Congo ?

Je célèbre mes 25 ans de vie sacerdotale. Dieu merci, j'ai passé 23 ans de ces 25 ans en Amérique Latine. Tout d'abord au Guatemala, et ensuite, au Mexique où je me retrouve pour le moment. Au Guatemala, je suis arrivé d'abord comme séminariste. Je fis trois ans d'apprentissage de la langue espagnole, le temps d'ouvrir les yeux à la réalité du pays, le temps aussi de connaître l'église du Guatemala et de m'intéresser à la culture. C'est en septembre 1994 que j'ai été ordonné prêtre à Kabinda. De 1994 à ce jour, nous totalisons 25 ans de vie sacerdotale.

A qui dédiez-vous cette grande fête de votre vie religieuse ?

Je trouve cette fête de 25 ans comme une grâce. C'est tout simplement le Seigneur qui a posé son regard sur moi. Il m'a montré son amour et je me suis senti appelé à partager cet amour du Seigneur avec les autres. C'est à lui seul que je dois tout ce que je suis.

Par où aviez-vous commencé votre aventure avec Dieu dans votre vocation ?

Quand je vois le début de ma vocation, j'étais fasciné par le travail des missionnaires étrangers chez nous à Kabinda. On a d'abord connu des missionnaires un peu âgés qui passaient leur temps, à la cure ; et puis une nouvelle génération des pères un peu plus jeunes. Ces derniers s'étaient lancés à travers les quartiers pour rendre visite aux fidèles catholiques. Ils mangeaient avec nous, faisaient des blagues avec nous. Et, ce qui était plus intéressant, ils attiraient notre attention sur la présence des mamans et papas pauvres. Ces pères nous appelaient par exemple pour aller couper de la paille pour les veuves démunies, du bois, puiser de l'eau. C'est cela qui a attiré mon attention à l'immédiat.

L'autre évènement, ce qu'à mon jeune âge, j'étais très vite mis en contact avec l'église. Mon papa qui travaillait à la cotonnière, comme fervent catholique, allait tous les jours à la messe avant de se diriger au travail. Et quand je suis arrivé à l'âge de la scolarité, il m'a entrainé. Chaque matin, il me réveillait et on allait à la messe de 6 heures 30'. C'était pratiquement de la routine : messe-travail tous les jours. Je me suis vu appeler à être acolyte, tout jeune que j'étais. J'étais dès lors en contact avec les prêtres à tout moment. Quand je voyais ces missionnaires scheutistes toujours bien disposés à parler avec les autres, ça m'inspirait naturellement. Plus tard, je suis devenu membre de la chorale, puis de la légion de Marie. C'est comme ça que j'ai passé presque toute ma jeunesse an contact avec l'église.

Pouvez-vous dévoiler à l'opinion quelles études avez-vous faites depuis votre bas-âge jusqu'ici ?

J'ai commencé ma formation à l'école Saint Ambroise des frères de la charité à Kabinda. Dans le temps, cette école primaire s'appelait Kintu Kimune. C'est là que j'ai fait mon école primaire. C'était en 1970. En 1971, j'ai repris la première année, parce que mon papa me disait toujours que j'étais un peu turbulent et que je n'avais pas fait des bons résultats en 1970. En 1976, j'ai terminé mon école primaire chez les frères de la charité. Et de 1976 à 1981, j'ai fait les humanités scientifiques chez les frères. Puis, j'ai donné cours pendant une année au petit séminaire saint Pie X de Kabinda. C'est après que j'ai été admis pour le Noviciat chez les pères de scheut à Kinshasa pour une année. De 1984 à 1987, j'ai fait la philosophie à l'Université Canisius de Kinshasa. De 1987 à 1991, j'ai fait la théologie au Cameroun. En 1991, j'ai été envoyé pour la première fois en mission comme séminariste. Et j'atterris au Guatemala.

Quelles sont les responsabilités que vous avez déjà exercées au sein de l'église catholique universelle, en tant que missionnaire de Dieu ?

Merci pour la question. A peine ordonné prêtre, je me suis vu tout de suite confié la mission de curé de paroisse, à Saint Martin au Guatemala. C'était une paroisse en ville, mais qui avait une extension en milieu rural. J'ai travaillé là-bas de 1994 à 1998. Et en 1998, les supérieurs m'ont demandé d'aller au Mexique pour un travail de formation de nos jeunes. En arrivant, pendant trois mois, j'ai été accompagnateur et formateur parmi l'équipe. Après cette phase, j'ai été nommé recteur de notre séminaire de théologie au Mexique, parce que mon prédécesseur avait démissionné. Je me suis vu confier la première tâche du séminaire. Je suis resté là pendant quatre mois, de 1999 à 2003.

Il faut aussi souligner qu'avant d'en arriver là, j'ai eu une formation d'un an à Saint Louis, aux Etats-Unis. Et en 2003 alors, mes confrères m'ont fait confiance, et j'ai été nommé supérieur provincial des pères de scheut du Guatemala et du Mexique, la fonction que j'ai exercée pendant trois ans, donc de 2003 à 2006. En 2006, j'ai pris le temps de recyclage que nous appelons le rafraichissement ou en termes religieux "le temps sabbatique", à Chicago. Quand je termine ce temps là, je suis venu ici chez nous où j'ai exercé les services de secrétaire du provincial pendant deux ans, de 2008 à 2010. Et c'est alors qu'on m'appellera d'urgence au Guatemala. Il m'a été confié la charge d'une grande paroisse cette-fois là à Guatemala city où j'ai travaillé de 2010 à 2016. C'est en 2016 que je laisserai la paroisse de Guatemala pour aller au Mexique où je me trouve pour le moment comme curé d'une grande paroisse. J'ai passé donc beaucoup de temps dans la pastorale paroisse.

Aujourd'hui que vous êtes en train de célébrer 25 ans de vie sacerdotale, quel message avez-vous, et à quelle catégorie d'hommes l'adressez-vous ?

Si j'ai un message à lancer, je voudrais bien me diriger à notre jeunesse tant songe que du pays, pour dire que le sacerdoce, c'est quelque chose de grand, de merveilleux. On devient l'ambassadeur du Christ parmi nos frères et sœurs. Quand on a été touché par l'amour du Seigneur, on n'a pas d'autre choix que de partager sa vie pour Dieu. Je demande aux jeunes de se laisser toucher par l'amour du Seigneur, et qu'ils puissent être à leur tour, les messagers de cet amour du Christ partout où ils sont, partout où ils travaillent. Le Christ a besoin des jeunes vraiment dynamiques, enthousiastes et surtout qui sont prêts à prendre le risque pour amener ce message aux autres.

C'est vrai que face à la grandeur du sacerdoce, on se voit toujours petits, avec nos limites. Mais devant nous, nous avons des modèles des gens qui ont essayé de vivre leur sacerdoce. Vient dans ma mémoire notre vénéré Evêque Matthieu Kanyama, mais aussi le regretté frère Kalonda Charles. Des gens qui nous ont marqué par leur qualité de vie, des gens qui ont dévoué toute leur vie au service des autres pour nous montrer que l'amour c'est quelque chose de bien. J'invite la jeunesse à imiter ces grands personnages que notre pays nous a montrés, et surtout l'église catholique. Cela va nous permettre de contribuer à l'émergence d'une société où l'on trouve des hommes et des femmes honnêtes, responsables, et qui sont d'un grand idéal commun.

Que regrettez-vous aujourd'hui après avoir consacré plusieurs années à la vigne du Christ-Jésus, loin de la terre de vos ancêtres ?

Vous savez ! Le regret peut-être c'est d'être si loin de ma famille. Je n'ai pu assister aux funérailles de mon papa et j'ai eu quand même le bonheur d'être aux côtés de maman. Je suis quand même resté très loin de ma famille, je sais que c'est pour Dieu. Mais quelque part, je sens que je n'ai pas été aussi proche que je pouvais de mes frères, de mes sœurs et tous ceux-là qui constituent ma famille. En dehors de ça, je suis très content d'avoir dédié ma jeunesse au Seigneur, et surtout d'avoir fait connaître tant soit peu le Congo dans des milieux où il était totalement absent.

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