Gambie: Accusations d'abus sexuels contre l'ex-président gambien - Human Right Watch accable Yaya Jammeh

Trois femmes accusent l'ancien président de la Gambie, Yahya Jammeh, de viol et d'agression sexuelle en plein exercice du pouvoir. Face à la presse hier, mercredi 26 juin, Human Rights Watch sous la houlette d'Alioune Tine et Trial International ont dénoncé avec la dernière énergie les brimades qu'ont subies les femmes durant le règne de Yahya Jammeh.

« Le premier grand obstacle, c'est de narrer cette histoire pour une femme qui a subi une t'elle chose dans son pays où la question de la sexualité est déjà un tabou, c'est presque impossible » : telle est la conviction d-Alioune Tine de Human Rights Watch. Il s'exprimait en marge d'une conférence de presse organisée par Afrikajom Center.

Interpellé sur la question de la saisine des juridictions internationales, Alioune Tine dira : « Bien sûr, nous allons saisir la Cour d'appel Internationale. Un travail est en train d'être fait avec les autorités Gambiennes, avec la justice Gambienne avec les victimes Gambiennes. C'est pour ça effectivement qu'il y a eu ce mouvement. Cette bataille n'est pas la bataille de organisation Internationale Human Rights Watch, c'est une bataille de tous les Sénégalais et de tous les êtres humains pour que Yahya Jammeh soit arrêté et attrait à la justice ».

Et de poursuivre : « C'est-on appel que nous lançons aux chefs d'Etats Africains, eux-mêmes, et au chef d'Etat de la Guinée Equatoriale pour qu'il écoute ces récits, ces horreurs pour extrader Yahya Jammeh en Gambie pour qu'il soit jugé ». Parlant des victimes de Jammeh, Alioune Tine ajoutera : « Il faut imaginer le calvaire que ces jeunes filles ont subi pendant cette période. C'est pour dire qu'elles sont des héroïnes ».

TOUFAH, BINTU, ANTA... DES VIES SPOLIEES

Dans un rapport rendu public hier, mercredi 26 juin, Human Right Watch a documenté des cas d'abus et de violence faits aux femmes par le président gambien Yaya Jammeh sous son magistère.

Selon des témoignages rapportés par les deux organisations, d'anciens responsables du régime gambien, des membres de l'entourage du président faisaient régulièrement pression sur des femmes pour qu'elles rendent visite au chef de l'Etat ou travaillent pour lui, et que ce dernier avait abusé sexuellement de la plupart d'entre elles par la suite.

Fatou Jallow, connue sous le nom de Toufah, élue en 2014 « reine » du principal concours de beauté organisé par l'État gambien, accuse Jammeh de l'avoir violée en 2015. Dans son témoignage, elle raconte qu'un jour, alors que les collaborateurs du président venaient de la conduire à la State House sous prétexte qu'elle devait assister à une récitation du Coran marquant le début du Ramadan, Jammeh l'a enfermée dans une pièce et lui a dit : « Il n'y a aucune femme que je veuille et que je ne puisse pas avoir. »

D'après son récit, il l'a alors frappée, lui a injecté une substance puis l'a violée. Jammeh est par ailleurs accusé d'avoir recruté personnellement des « protocol girls » qu'il a ensuite harcelées sexuellement. Selon les anciens responsables interrogés et les deux femmes qui travaillaient comme « protocol girls », Jammeh et ses assistants offraient à ces femmes, outre un salaire versé par l'Etat, des cadeaux, de l'argent et des privilèges, à condition qu'elles acceptent d'avoir des relations sexuelles avec lui.

DES FONCTIONS OFFICIELLES AU BON PLAISIR DU PRESIDENT

Parfois elles étaient chargées de fonctions officielles, comme servir à boire, dactylographier des documents ou préparer des réunions, mais leur véritable rôle consistait à être à disposition du président pour coucher avec lui. Ces femmes l'accompagnaient lors de ses fréquents séjours prolongés à Kanilai, son village natal.

Certaines voyageaient à l'étranger avec lui, avaient l'obligation d'habiter près de la State House par commodité pour le président, n'avaient pas le droit de quitter les lieux sans autorisation et étaient dissuadées d'avoir un petit ami. L'une d'elles, « Anta », a déclaré que Jammeh l'avait repérée lors d'un évènement public.

D'après son récit, des collaborateurs du président l'ont embauchée comme salariée du service du protocole et Jammeh a offert de coûteux cadeaux à ses parents indigents. Une autre « protocol girl », Bintu, rencontré par Human Right Watch a déclaré que Jammeh lui avait proposé une bourse pour étudier aux États-Unis.

Lorsqu'elle a refusé d'avoir des relations sexuelles avec lui, il s'est mis en colère et l'a renvoyée. Fatoumatta Sandeng, chanteuse a déclaré elle qu'on lui avait ordonné de rendre visite seule au président à Kanilai, qu'on l'avait empêchée de quitter son hôtel pendant trois jours, mais qu'elle avait finalement été autorisée à partir.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.