Cote d'Ivoire: Jean Claude Loboué - "Au-delà des différences d'origines, nous sommes unis pour Gagnoa"

interview

Incursion dans l'Asadev-Gagnoa avec le Chargé du recrutement national, par ailleurs Secrétaire général de la section France.

Le 5 juin dernier, vous avez animé, à Abidjan, une rencontre de sensibilisation aux actions de développement de la ville de Gagnoa à travers l'Asadev-Gagnoa (Association pour le soutien aux actions de développement de Gagnoa). Pour nos lecteurs, veuillez présenter à nouveau cette association...

Comme son nom l'indique, nous avons pour ambition de soutenir les actions de développement de la ville de Gagnoa. Nous exerçons donc dans le social.

L'Asadev-gagnoa se distingue par la particularité de ses membres qui sont d'origines diverses. N'est-ce pas un peu utopique de vouloir engager dans le développement d'une cité des gens qui ne sont pas tous du terroir ?

Existe-t-il une ville où il n'y a que des natifs de la ville ? Dans toutes les villes, au monde, il y a d'origines diverses. L'Asadev-Gagnoa repose sur cette réalité. Nous sommes ouverts à tout le monde. Au-delà des différences d'origines, nous sommes tous unis pour la ville de Gagnoa.

D'où vous vient cette idée très originale ?

Nous avons été motivés par l'amour que nous avons pour la ville de Gagnoa. Cet amour, moi je le sens, je le vis. Gagnoa, c'est une ville où j'ai l'impression que tout me parle, que toutes les rues me parlent. C'est ma vie, c'est mon enfance... Il y a quelque chose de fort entre cette ville et moi. Je suis très attaché à Gagnoa. Je suis originaire de Grand-Lahou, mais quand vous me parlez de cette ville, désolé, je ne sens rien.

Vous comptez des membres un peu partout dans le monde, en Europe comme aux Etats-Unis. Est-ce le signe d'un engouement pour l'association ?

Oui. Vous savez que tout ce qui touche à Gagnoa fait bouger. C'est une ville qui a toujours été animée et mouvementée. Et quand on parle d'elle, celui qui y a vécu ou qui y a un lien, forcément il y a quelque chose en lui qui le transporte. Personnellement, quand j'ai entendu parler de l'Asadev-Gagnoa, j'ai adhéré immédiatement et sans condition. Au niveau de la France où je suis le Secrétaire général de l'Association, nous essayons de motiver pour que les gens adhèrent.

Votre première sortie en août 2018 a été marquée par des actions fortes comme l'attribution de bourses à quatre élèves. A quoi peut-on s'attendre pour les années à venir ?

Nous aimerons que le nombre d'élèves bénéficiaires de cette bourse augmente. Nous ferons davantage encore en fonction de nos fonctions. A travers ces bourses, nous voulons créer une saine émulation entre les élèves. Nous nous y sommes engagés. Nous avons bénéficié naguère des bourses de l'Etat. Aujourd'hui, les bourses de l'Etat sont réduites. Nous comptons faire en sorte que plus d'élèves en vivent les bienfaits.

Apolitique, votre organisation saura-t-elle résister vraiment aux clins d'œil des hommes politiques comme elle le proclame ?

Dans un pays, tout ne peut être politique. Il y a l'économie, le social, le culturel. Il ne faut pas mélanger les choses... Nous serons obligés, dans l'exercice de nos activités, de collaborer avec l'administration : le préfet et le maire notamment. Cette collaboration va se faire dans le cadre strict de nos activités. On ne parlera pas politique. Chacun, au sein de l'Asadev-Gagnoa, a ses convictions politiques, mais on ne fait pas de politique au sein de l'association.

Votre section, celle de France, est enregistrée en France sous la loi 1901. Qu'est-ce que cela vous apporte comme privilège ?

Il n'y a pas de privilège particulier. Le seul avantage que nous avons, c'est que nous fonctionnons en Euros et que nous investissons en francs Cfa. Quand on fait la conversion, ça donne un volume financier consistant. C'est tout !

Envisagez-vous d'user de votre entregent en France pour faire venir du matériel de récupération dans les hôpitaux, par exemple, qui en ont besoin ?

Nous en avons parlé au cours de l'une de nos réunions récentes. Nous allons activer les réseaux. A côté, il y a des doléances formulées par des établissements scolaires. Nous allons essayer de les satisfaire également. Les rôles sont répartis. Les membres résidant aux Etats-Unis et ceux vivant en France ont chacun une partition à jouer. Nous assumerons nos tâches. Avec plaisir d'ailleurs !

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