Cote d'Ivoire: Au cœur de la CAN Youssouf Fofana (ancien international) - : "Les Eléphants ont été moyens"

interview

Présent au Caire dans le cadre de la CAN, Youssouf Falikou Fofana a bien voulu nous accorder un entretien sur l'actualité du moment.

Le Patriote : Comment avezvous trouvé la prestation des Eléphants contre l'Afrique du Sud, le lundi dernier ?

Youssouf Fofana : Une prestation moyenne. Mais le plus important, c'était de gagner. Surtout le premier match. Pour toute compétition, il est important de gagner le premier match. Moi je savais que le match allait être difficile contre les Sud-africains. Parce que l'entame d'un tournoi comme la CAN est toujours difficile. Il ne fallait pas perdre. Les jeunes ont réussi leur entrée en lice par une victoire. Il faut les féliciter. Ils ont fait l'essentiel. On attend le second match contre le Maroc.

LP : Justement comment entrevoyez-vous ce match ?

YF : Ça sera un autre match. Chaque match a ses réalités. Ce que je peux dire, c'est que cette victoire met en confiance les Eléphants pour le second match.

LP : Y a-t-il quelque chose qui a manqué à l'équipe contre l'Afrique du Sud ?

YF : Manqué ? Je dirais que les deux équipes ont souffert de la chaleur. Il y a aussi l'enjeu qui fait qu'on est crispé. Vous avez vu des joueurs comme Pépé, Gradel, on ne les a pas reconnus. Ça arrive. Je pense qu'au prochain match tout va aller normalement.

LP : En tant qu'ancien joueur, dans quel état d'esprit se trouve un joueur qui prend part à une CAN ?

YF : Il y a deux facettes. Aujourd'hui, on a des binationaux. Ce n'est plus comme avant. A notre époque, tous les joueurs avaient joué au pays avant d'aller en Europe. C'est différent. Aujourd'hui, les binationaux viennent parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de jouer avec l'autre sélection pour certains. C'est pour cela qu'ils acceptent de venir jouer en sélection nationale. Ce n'est pas les mêmes motivations. Mais je pense que s'ils viennent en sélection, c'est pour gagner. Avec la sélection, on a plus de cote. Nous avons une bonne équipe.

LP : Pensez-vous que les Eléphants ont les armes nécessaires pour faire une bonne campagne ?

YF : Oui! Nous avons une bonne équipe. C'est vrai qu'aujourd'hui toutes les équipes se valent mais on a des joueurs de qualité. A part la Mauritanie qui s'est laissée avoir. Ils voulaient jouer au même niveau que le Mali. Je pense qu'ils ont commis l'erreur d'attaquer. Ils sont à leur première CAN contrairement au Mali qui a une grande expérience de cette compétition. Hormis ce cas depuis le début de la compétition, il n'y a pas de petite équipe. Il faut être à 100% sinon tu ne peux pas. On a des chances d'aller en huitième de finale.

LP : Qu'est-ce qui peut faire la différence pour une sélection engagée dans les phases finales d'une CAN quand toutes les équipes se valent ?

YF : La can c'est un championnat. Donc l'équipe qui va beaucoup récupérer et être au top physiquement c'est cette équipe-là qui va prendre cette coupe. Parce qu'il y a le côté physique et récupération. Et surtout la solidarité au sein du groupe. Les phases finales d'une CAN c'est différent des éliminatoires ou on joue on repart pour revenir des jours après. Ici c'est tout un mois. Donc la cohésion du groupe est très important. S'il n y a pas de solidarité entre vous vous n'irez pas loin . Le manque de solidarité et de cohésion a longtemps été le problème de notre sélection. Si au sein du groupe il y a un petit problème net c'est fini. Vous ne ferez pas une bonne CAN. C'est la cohésion et la solidarité qui font qu'on peut aller loin dans une CAN.

LP : Sentez-vous cette cohésion au sein de l'équipe des Eléphants ?

YF : Oui. Je connais un peu quelques jeunes. J'ai parlé un peu à Serges Aurier. Je lui ai dit que s'ils veulent aller loin dans cette CAN, il faut qu'il mobilise ses amis, qu'il crée une bonne ambiance au sein du groupe. Il est le capitaine. C'est à lui de créer une bonne atmosphère qui va donner une cohésion. Il doit donner l'exemple. Il ne doit pas dévier. Je lui ai dit de faire en sorte que l'équipe soit soudée pendant ces quatre semaines de compétition. Même quand quelqu'un fait une erreur, il faut savoir lui parler sur le terrain.

En 2015, c'est la solidarité qui a fait qu'on a gagné. Même en 2012, il y avait la solidarité et vous avez vu le résultat. On a dit à Didier Drogba de faire en sorte qu'il règne une solidarité dans le groupe. Et c'est ce qui a été fait. Vous avez vu, ça a marché. On a fait une super CAN jusqu'en finale. Dommage qu'on ait perdu en finale. Le football, c'est un sport collectif donc il faut une solidarité. On a des guerriers dans cette équipe comme Kessié qui va au charbon. Il y a aussi Serey Dié. Mais il faut qu'ils soient ensemble. Si l'équipe est soudée on peut aller loin.

LP : Que pensez-vous des entraineurs locaux à qui on commence à faire de plus en plus confiance ?

YF : Je pense qu'il faut donner les moyens aux locaux. Ils sont aussi compétents. Seulement il faut leur donner les mêmes moyens qu'on donne aux expatriés.

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