Maroc: Séminaire à Rabat sur la dynamisation de l'écosystème concurrentiel dans un Maroc ouvert

Une concurrence saine pour créer une croissance forte et réduire les inégalités

La création d'une croissance forte, la réduction des inégalités et la redistribution des richesses passent nécessairement par l'élimination de l'emprise des rentes de situation et la promotion de la concurrence saine pour promouvoir l'efficience économique et l'équité sociale, a affirmé, récemment à Rabat, le président du Conseil économique, social, et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami.

Intervenant lors d'un séminaire national organisé par le Conseil de la concurrence en partenariat avec le Groupe Banque mondiale sur le thème "Dynamisation de l'écosystème concurrentiel dans un Maroc ouvert", M. Chami a souligné que l'atteinte de cet objectif repose sur quatre leviers majeurs en premier lieu l'instauration d'une politique fiscale juste et équitable à même de rétablir et de préserver la confiance.

Il a souligné, à ce propos, la nécessité d'identifier les secteurs et activités bénéficiant d'un niveau de protection qui limite fortement le nombre d'acteurs entrant en concurrence et définir une surtaxe à leur faire supporter en guise de contribution complémentaire à l'effort fiscal national, rapporte la MAP.

Le président du CESE a également insisté sur l'amélioration du cadre de régulation des marchés en vue de promouvoir une concurrence saine entre acteurs économiques, notant que cela consisterait à mettre à plat les dérogations et les niches rentières en ouvrant les secteurs opérant par agréments et/ou autorisations à une plus large concurrence et en remplaçant les autorisations par un cahier des charges prédéfini et un contrôle a posteriori quand cela est justifié.

M. Chami a mis aussi l'accent sur l'impératif du renforcement de la protection des droits des consommateurs à travers l'activation du Conseil consultatif supérieur de la consommation institué par la loi n°31-08, la mise en œuvre du Fonds national pour la protection du consommateur prévu par la loi n°31-08, la simplification des procédures d'accession au statut d'utilité publique pour les associations œuvrant dans le domaine de la protection du consommateur et l'allègement des conditions d'obtention de l'autorisation d'ester en justice outre l'implication des associations de protection du consommateur dans le processus de médiation.

Il a de même insisté sur l'importance d'assurer l'accès à l'information et l'aide à la décision, recommandant, à cet égard, de créer un dispositif informationnel assimilable à un observatoire des prix et des marges et, plus généralement, du niveau de concurrence des différents marchés afin d'assurer la collecte, le suivi et la mise à jour des informations sur un certain nombre de marchés.

M. Chami a relevé, par ailleurs, que l'instauration d'une concurrence loyale et d'un marché sain et régulé équitablement est la meilleure voie pour garantir le bien-être, la prospérité et la protection du consommateur.

Au début de son intervention, M. Chami a rappelé que le Maroc s'est engagé, depuis le début des années 90, dans un processus de libéralisation progressive de son économie et d'ouverture aux investissements étrangers, faisant constater toutefois que le modèle de développement actuel n'est plus en mesure de garantir une dynamique économique soutenue à même de créer de la richesse et de l'emploi.

Pour lui, les faiblesses qui caractérisent l'économie marocaine obèrent sa capacité à réaliser un véritable décollage économique et favorisent de fait l'inefficience, la faible valeur ajoutée et contribuent à la persistance des inégalités sociales et territoriales, menaçant ainsi la cohésion sociale et favorisant la montée des tensions sociales.

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