Libye: Les troupes de Khalifa Haftar en déroute à Gheryan

En Libye, les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar ont subi un dur revers, ce jeudi, dans la ville de Gheryan, près de Tripoli. Les forces loyales au gouvernement d'union nationale ont chassé les troupes de l'homme fort de l'Est libyen de cette ville que Khalifa Haftar contrôlait depuis le début de son offensive sur la capitale.

Pour plusieurs spécialistes, Gheryan, située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, est un point stratégique pour l'Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar. Sa reprise par les forces dirigées par Fayez al-Sarraj risque sérieusement de précipiter l'échec de l'ANL qui vise le contrôle de Tripoli. Pour les experts, c'est même un tournant dans cette guerre lancée début avril depuis l'Est libyen. En effet, toutes les munitions des troupes de l'ANL qui encerclent Tripoli passaient par cette ville.

Les forces fidèles au gouvernement d'union nationale (GNA) assurent que leur opération surprise était « bien préparée ». Il y a eu tout d'abord, mercredi, plusieurs raids aériens menés contre les positions de l'Armée nationale libyenne dans la ville. Les forces anti-Haftar sont entrées ensuite à Gheryan, aidées par des combattants locaux. C'est une « khiyana », une trahison, considère l'ANL, de la part des combattants qui s'étaient ralliés au début de cette guerre.

Le porte-parole du GNA évoque des dizaines de morts dans le rang de l'ANL. Des indices montrent que Gheryan est en passe de subir des actes de vengeances et des exactions. Le Croissant Rouge libyen a ainsi confirmé la mise à mort d'une quarantaine de blessés de l'ANL qui se trouvaient à l'hôpital de Gheryan. Des photos de leurs dépouilles circulent sur les réseaux sociaux. Le directeur de la radio locale, un civil, a été également assassiné par les forces de Tripoli qui comptent des combattants extrémistes dans ses rangs.

Les forces du GNA diffusent depuis ce jeudi, sur les réseaux sociaux, des photos et des vidéos d'équipements militaires qu'ils ont récupérés ou détruits, dont des drones de surveillance et des véhicules blindés venant des Emirats arabes unis. Ces forces diffusent également des vidéos dans lesquelles on voit les prisonniers capturés sur le terrain. Interrogés sur leurs identités par le GNA, certains se présentent comme des combattants tchadiens et soudanais des rangs de l'ANL.

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