29 Juin 2019

Congo-Brazzaville: Bassin du Congo - Greenpeace sollicite l'interdiction des activités industrielles dans les plus grandes tourbières tropicales

L'organisation non gouvernementale (ONG) internationale s'inquiète des menaces de destruction de l'écosystème par les activités à grande échelle qui s'y mènent.

Greenpeace a invité les gouvernements des deux Congo à interdire toute activité industrielle dans les plus grandes tourbières tropicales du monde qu'abrite la forêt du bassin du Congo. Cet appel, mentionné dans un communiqué de Greenpeace Afrique du 28 juin, a été réitéré lors de l'expédition dans certaines de ces tourbières, dans le village d'Ikenge, province de l'Equateur, du 16 au 18 juin, en compagnie des médias nationaux et internationaux qui ont rejoint l'équipe des scientifiques du projet CongoPeat pendant leurs travaux de recherche.

La présence des tourbières du bassin du Congo, a rappelé l'ONG internationale, a été confirmée en 2017. Celles-ci renferment une quantité de carbone estimée à 30,6 milliards de tonnes et recouvrent une superficie de quatorze millions d'hectares, plus grande que celle de l'Angleterre et traversant les deux Congo.

« Nous en savons très peu sur le fonctionnement des tourbières du bassin du Congo, et il est important que la communauté scientifique puisse remplir ce vide afin de comprendre de quelle manière cet énorme stock de carbone peut continuer à jouer son rôle dans l'atténuation du changement climatique », a affirmé le Dr Greta Dargie de Leeds University, cité dans le communiqué de Greenpeace Afrique.

L'ultime importance des tourbières

L'expédition avec les scientifiques, selon l'ONG, a encore démontré l'ultime importance des tourbières dans la lutte contre la crise climatique actuelle et pour les communautés riveraines. Il est de ce fait plus qu'urgent, a-t-elle conseillé, que les décideurs des deux Congo ainsi que leurs partenaires techniques et financiers se mobilisent pour prendre des mesures en vue de préserver ces écosystèmes en y prohibant toute activité à grande échelle.

Rappelons, en effet, que depuis 2018, Greenpeace Afrique n'a cessé de dénoncer les menaces sur ces écosystèmes, notamment les concessions forestières et les explorations pétrolières attribuées par la République démocratique du Congo, ainsi que les appels d'offre d'exploitation du pétrole lancés par le Congo. Citant le Pr Corneille Ewango de l'Université de Kisangani, cette association a expliqué qu'afin que les tourbières jouent leur rôle, des affectations abusives doivent être évitées dans leurs environnements immédiats.

« Les tourbières sont également touchées lorsque les terres environnantes le sont. Toute activité industrielle ou agricole à grande échelle dans les tourbières ou les terres environnant affecte la nappe aquifère qui maintient la vie de ces écosystèmes. Il est donc impérieux de préserver les tourbières car le rôle écologique qu'elles jouent est inestimable et va au-delà des revenus économiques qui peuvent être générés par tout type d'exploitation », a indiqué ce scientifique dont Greenpeace Afrique fait référence.

Tout en mettant l'accent sur le rôle majeur des tourbières de la forêt du bassin du Congo dans la crise climatique, Greenpeace Afrique insiste sur la prise en compte des solutions issues des communautés vivant dans et autour de ces tourbières. « L'intégration des communautés locales dans la protection des tourbières est un impératif pour une solution efficace. Ayant gardé intact cet immense stock de carbone durant des siècles, les gouvernements et les donateurs doivent prendre en compte l'impact de la destruction des tourbières dans la survie des communautés qui en dépendent », a déclaré le chargé de campagne forêt à Greenpeace Afrique, Patient Muamba.

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