Sénégal: Le pays "souffre d'un déficit abyssal de dialogue" (universitaire)

Joal-Fadiouth (Mbour) — Le professeur Lamine Sambe, ancien conseiller technique du Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne en charge de la culture et des questions littéraires, juge que le Sénégal "souffre d'un déficit abyssal" de dialogue, une situation à laquelle le pays doit remédier en se fondant sur ses traditions, a-t-il laissé entendre.

"Notre pays souffre d'un déficit abyssal de dialogue et le président Senghor nous l'aurait reproché, lui qui avait fait du dialogue son cheval de bataille", a-t-il déclaré.

Le professeur Sambe intervenait lors de la cérémonie d'intronisation du professeur Aloyse Raymond Ndiaye comme quatrième "Salma", à l'initiative du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor (CCLSS).

"Le dialogue doit être permanent, à tout moment, en tous lieux, si nous aspirons à demeurer cette nation de paix, mieux, de culture de la paix", a fait valoir le professeur Lamine Sambe, récompensé du troisième "Salma d'or".

À travers le "Salma d'or", le CCLSS veut donner en exemple les récipiendaires, la plupart du temps tous des personnes se réclamant du premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor, du professeur feu Oumar Sankharé au poète Amadou Lamine Sall, en passant par le professeur Lamine Sambe jusqu'au professeur Aloyse Raymond Ndiaye.

Ils ont été honorés de cette distinction en reconnaissance de leurs qualités humaines, afin de faire profiter aux jeunes "le seul culte capable de les mettre à l'abri de l'obscurantisme".

"Un homme politique, Senghor, à qui son opposition reprochait le tintamarre qu'il faisait sur la paix, dit ceci : +Vous dites que la paix ne se mange ?

Ok ! Mais sachez-le, sans la paix, personne ne mange ! + Il mit fin ainsi à la véhémence surenchère politicienne et remporta les élections sur le leitmotiv +Sans la paix, personne ne mange !", a rappelé professeur Lamine Sambe.

"Aux noms du professeur Amadou Lamine Sall et feu Oumar Sankharé et au nom de Léopold Sédar Senghor, voudrais-je demander, à genoux, s'il le fallait, à mes compatriotes, toutes affaires cessantes, que nous parlions, que nous parlâmes, que nous parlassions, dussé-je faire le tour de la conjugaison française, c'est là ma prière de paix, à l'instar de celle du poète", a-t-il dit.

"En Senghor, poursuit le professeur Sambe, le Sénégal peut légitimement se targuer d'avoir un legs précieux unique, à nul autre pareil qu'il faut préserver, réécouter, relire, si nous ne voulons pas nous perdre".

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