1 Juillet 2019

Congo-Brazzaville: Dérèglement climatique - 2050, la fin du monde (suite)

Les experts s'accordent sur un point : la fin de la "civilisation humaine" évoquée par une étude australienne est plus hasardeuse.

"La fin de la civilisation n'est pas la fin de l'humanité", tempère Jean-Pascal van Ypersele. Il n'y a pas une, mais des dizaines de civilisations avec des niveaux de résilience différents, nuance-t-il. Toutefois, il ne nie pas les dégâts qui pourraient être causés: "des infrastructures importantes seront détruites, des systèmes alimentaires seront mis à mal, il y aura des déplacements de population...".

Mais l'humanité perdurera, même si elle devra s'adapter. Un monde avec 3 °C supplémentaires est une menace très sérieuse. " Ce n'est pas seulement l'environnement et les écosystèmes qui seraient menacés, mais également notre société telle que nous la connaissons", affirme Benjamin Sultan, climatologue.

Françoise Vimeux évoque, elle aussi, "une autre manière de vivre". "Cela serait un changement brutal, mais ce ne serait pas la fin du monde. La vie a déjà survécu à des catastrophes, l'humanité survivra aussi. Son extinction n'est pas pour tout de suite", assure Joël Savarino.

Les auteurs de l'étude australienne plaident pour "une mobilisation mondiale massive" et jugent que celle-ci est "nécessaire dans la prochaine décennie". Ils font une analogie avec le plan Marshall lancé après la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant s'étendre sur le contenu d'un tel plan.

Gilles Ramstein, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, déplore cette comparaison et critique l'idée sous-jacente de "mettre l'industrie au service de la lutte contre le réchauffement climatique". Il reconnaît cependant : "Il faut une planification à long terme à l'échelle mondiale pour réduire notre facture énergétique sur vingt ans, en particulier dans les transports et le chauffage. Une planification qui entre en contradiction avec la rentabilité immédiate", souligne-t-il.

S'attaquer en priorité aux émissions de gaz à effet de serre

Or "il y a de très gros intérêts financiers en jeu qui vont intéresser de grands groupes. Et il ne faut pas donner massivement de l'argent à une industrie polluante qui va se refaire sur le dos de l'économie verte", selon lui. Il prône une mesure iconoclaste : "Il faut faire, par exemple, des transferts de technologies gratuits vers l'Afrique et les pays sous-développés, pour éviter qu'ils ne passent par la phase de la combustion et des énergies fossiles comme les pays riches ou l'Inde, la Chine, les pays en développement."

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) aussi "propose des solutions concrètes, mais aussi des paris technologiques pour capter le CO2 atmosphérique, par exemple", rappelle Françoise Vimeux. Selon le Giec, il faut en priorité s'attaquer aux émissions de gaz à effet de serre, à commencer par le dioxyde de carbone (CO2).

Pour que la hausse des températures ne dépasse pas 1,5 °C, il suggère la diminution d'environ 45% des émissions mondiales de CO2 d'ici à 2030 par rapport à leur niveau de 2010, puis atteindre vers 2050 la neutralité carbone, c'est-à-dire le point où les émissions sont compensées par l'élimination du CO2 présent dans l'atmosphère. Le Giec recommande aussi que les énergies renouvelables fournissent 70 à 85% de l'électricité en 2050. Les émissions de CO2 de l'industrie, elles, devraient être inférieures d'environ 65 à 90% en 2050 par rapport à ce qu'elles étaient en 2010.

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