Congo-Kinshasa: Ituri - Le chef de l'Etat invite les différentes milices à déposer les armes

Le président de la République a appelé, le 30 juin, au cours d'un meeting à Bunia, la population à mettre fin aux violences et à privilégier la paix et la concorde pour le développement de la province.

Félix Tshisekedi séjourne depuis dimanche en Ituri. C'est à Bunia, le chef-lieu de la province, qu'il a pris ses quartiers. Dès son arrivée, le chef de l'Etat a tenu un meeting à la place de l'indépendance, au centre-ville de Bunia, où se sont amassées des centaines d'Ituriens. Des moments de retrouvailles chargés d'émotions car l'ancien candidat à la présidentielle pendant la campagne électorale a retrouvé la région, cette fois-ci adoubé de sa casquette de président de la République.

Tout le discours de Félix Tshisekedi devant ses compatriotes de l'Ituri a tourné autour de la paix, de la concorde et, surtout, de la sécurité comme gage de la stabilité et de développement de la province. Il a exhorté (en lingala) les Ituriens à s'aimer et à ne pas se faire la guerre, invitant la population à mettre fin aux violences et à privilégier la paix ainsi que la concorde pour leur développement. Dans une posture de prédicateur improvisé, Félix Tshisekedi a prêché l'amour du prochain parmi les Ituriens divisés par des conflits intercommunautaires qui ne font que péricliter leur province dans les méandres du sous-développement.

Quant aux groupes armés et autres miliciens qui continuent de semer la désolation dans ce coin du pays, le président de la République leur a demandé de déposer les armes. « S'ils se décident d'arrêter de combattre, nous ferons tout ce qui est de notre possible pour que les investisseurs viennent ici pour qu'il y ait davantage d'emplois et pour que la paix soit rétablie et que toute la province soit construite », a-t-il déclaré. Dans un style direct et sans ambages, le chef de l'Etat a exhorté tous ceux qui ont pris la décision de s'entretuer à déposer leurs armes, promettant de tout mettre en oeuvre pour assurer le retour des investisseurs dans cette région « pour donner de l'emploi aux jeunes, reconstruire des routes et développer la province ».

"Pas de raison pour les enfants d'un même pays de s'entretuer"

« Nous sommes les enfants d'un même pays, il n'y a donc pas de raison pour nous entretuer. Je vous en supplie, arrêtez de vous haïr, de vous entretuer, de vous faire la guerre. Prenez cette guerre et jetez-la dans les lieux arides », a-t-il poursuivi. s'engageant à rencontrer les leaders communautaires pour les conscientiser à ne pas semer la haine et la division parmi leurs administrés.

S'adressant particulièrement aux jeunes, Félix Tshisekedi leur a demandé d'éviter de se laisser manipuler. « C'est vous qui avez la force. Ils vous mentent. Ils veulent que vous vous entretuiez », a-t-il martelé. Et de rappeler une promesse de campagne : « J'avais dit que pendant mon mandat, je ne me sentirais réellement président de la République que lorsque tout le peuple congolais sera en paix. C'est à ce moment-là que je me dirai que je suis réellement chef de l'État ».

Après l'étape de Bunia, Félix Tshisekedi a aussitôt mis, le 1er juillet, le cap sur le territoire de Djugu afin de palper du doigt les réalités que vivent les milliers des déplacés qui ont fui les atrocités et envisager les perspectives de leur retour dans leurs villages respectifs. Ceci après avoir présidé à Bunia une réunion du comité provincial de sécurité en présence du commandement des Forces armées de la République démocratique du Congo, de la police nationale congolaise et de l'Agence nationale des renseignements. Rappelons qu'au cours des dernières semaines, plusieurs personnes ont été tuées et des maisons incendiées en Ituri. Le gouvernement provincial a enregistré plus de quatre cent mille déplacés qui ont abandonné leurs villages à cause de la persistance de l'insécurité à Djugu.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.