Tchad: Une année scolaire apaisée

L'année scolaire 2018-2019 n'aura pas été décrétée "année blanche", mais beaucoup d'élèves et d'enseignants gardent des séquelles des années de grève précédentes qui ont des répercussions sur le niveau des élèves.

Pour la première fois depuis plus de 5 ans, les cours se sont déroulés normalement, sans être interrompus par des grèves des enseignants.

Cette normalisation s'explique par la signature d'un accord entre le gouvernement tchadien et la plate-forme syndicale en novembre 2018. Des élèves comme Eliane Nadjimbaye, se réjouit de cette avancée.

"Oui je suis contente, c'est pour la première fois depuis plusieurs années qu'on termine une année scolaire sans grève. C'est déjà bien donc que le gouvernement fasse de son mieux pour qu'il n'y ait plus de grève au Tchad dans le secteur éducatif. Car les grèves ont beaucoup joué sur notre formation. Le fait de faire quatre à cinq mois de cours sur neuf mois chaque année, ce n'est pas bien", a estimé l'élève en classe de terminale au Lycée Felix Eboué, l'un des plus grand lycée de la capitale."

Même réaction d'AzorPakréo Jean, élève en classe de seconde au Lycée de Walia dans la commune du 9e arrondissement.

"Les grèves, ça ne nous arrangent pas du tout, nous les élèves. Déjà sans grève, même cette année, on n'a même pas pu finir le programme scolaire. Donc imaginez les conséquences de deux ou trois mois de grèves qu'on subit chaque année."

Baisse de niveau des élèves

La situation dans l'éducation au Tchad, préoccupe non seulement les parents mais également les enseignants, comme Sosthène Mbeurnodji, professeur de français.

"Il est vrai que cette année, les cours n'ont pas été perturbés mais le niveau des élèves n'a pas changé d'un iota. L'école tchadienne est toujours plombée de l'intérieur par la baisse de niveau qui est un problème récurrent, réel. Le taux de réussite au baccalauréat au Tchad est le plus bas de la sous-région, on n'a jamais dépassé les 40% donc. Ça doit interpeller les autorités en charge de l'éducation."

Freeman Sandjimbaye, un parent d'élève, parle d'une "situation lamentable."

"Je prends pour responsable le gouvernement en premier, lui qui n'arrive pas à satisfaire les enseignants. Voyez, on envoie un enfant à l'école c'est pour obtenir un résultat, mais dès lors où l'enfant apprend à dent de scie, ça pose problème. L'enseignement doit être continuel, malheureusement nous les parents nous investissons de l'argent sans résultat".

Outre le problème de grèves, l'école tchadienne est aussi confrontée au problème de manque de structures adéquates pour un bon encadrement des élèves.

En pleine capitale, on voit parfois des élèves assis sur des briques ou à même le sol pour étudier. La situation est encore bien pire à l'intérieur du pays

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