Ethiopie: Le Premier ministre évalue ses réformes

Assermenté le 2 avril 2018 après la démission d'Hailemariam Desalegn le 15 février de la même année, Abiy Ahmed a déjà marqué positivement les esprits après plus d'un an de magistère.

Profitant du discours annuel devant le Parlement, prononcé habituellement le 22 juin, mais reporté cette année au 1er juillet pour cause de coup d'Etat en région Amhara, le Premier ministre éthiopien a tenu à faire le point sur les douze premiers mois passés à la tête de ce pays de la Corne de l'Afrique.

Dans une allocution plus longue que celles habituellement prononcées devant les députés, il s'est réjoui des grandes décisions prises depuis son arrivée aux affaires.

Notamment la libération des prisons, l'inclusion des acteurs politiques dans la vie civile, la libéralisation de l'économie et le rapatriement en cours de millions de déplacés internes.

Au plan sous-régional, il a aussi marqué des points en normalisant les relations avec l'Erythrée après vingt ans de tensions. Il a ainsi signé le 9 juillet 2018 avec son homologue Issaias Afeworki un accord mettant un terme à la guerre.

Dans cette volonté de pacifier les rapports entre les deux pays, il a nommé un ambassadeur à Asmara et ouvert deux postes-frontières fermés depuis vingt ans afin de permettre à leurs populations d'utiliser les routes qui les unissent.

Par cette normalisation, Abiy Ahmed a fait appliquer, contrairement à ses prédécesseurs, un jugement émis par une commission internationale de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui sommait l'Ethiopie de libérer un territoire appartenant à l'Erythrée.

Une manière de gouverner qui a permis à l'Ethiopie d'obtenir une aide d'un milliard de dollars, soit plus de 500 milliards de F, de la Banque mondiale.

C'est le premier apport financier extérieur reçu par le pays depuis treize ans. Mais, au sujet de la Constitution fédérale qui ne fait pas l'unanimité entre les différents Etats fédérés d'Ethiopie, le Premier ministre a souligné que celle-ci peut être amendée par la voie des urnes et non par la force. « La Constitution appartient au peuple, pas aux habitants d'un quartier », a-t-il indiqué.

Avant d'inviter ses compatriotes à l'unité. «Si celle-ci était menacée, nous n'hésiterions pas à troquer le stylo pour la kalachnikov», a prévenu Abiy Ahmed. Aujourd'hui, Abiy Ahmed est engagé aux côtés de l'Union africaine (UA) dans la résolution de la crise au Soudan depuis la chute d'Omar el-Bechir le 11 avril dernier.

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