Libye: Centre de migrants bombardé - Washington bloque une résolution à l'ONU

En Libye, des dizaines de migrants dorment côte à côte à l’étroit dans une cellule du centre de détention Tariq al-Sikka à Tripoli.

Le bombardement d'un centre de détention de migrants à Tajoura, à côté de Tripoli, en Libye, a soulevé une vague d'indignation. Un scandale qui a aussi conduit le Conseil de sécurité de l'ONU à se réunir en urgence la nuit dernière.

Mais la résolution initiée par Londres pour condamner l'attaque n'a pas été adoptée, car les États-Unis s'y sont opposés.

Le texte prévoyait de condamner la frappe et d'établir un cessez-le-feu en vue d'un retour au processus politique en Libye. Mais au terme de deux heures et demie de discussions, la mission des États-Unis a voté contre cette résolution.

Washington ne donne évidemment pas d'explication sur les raisons de sa décision, mais des diplomates présents estiment que les États-Unis ne veulent pas de résolution qui critiquerait l'offensive du maréchal Haftar.

D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que l'ONU échoue à parler d'une seule voix à propos de la Libye. Déjà, le 19 avril, Washington et Moscou avaient bloqué ensemble une résolution pour un cessez-le-feu.

Le président américain Donald Trump s'était même entretenu par téléphone avec le maréchal Haftar. Nous avons « une vision commune », avait précisé un communiqué de la Maison Blanche.

De plus, Khalifa Haftar est soutenu par l'axe Arabie saoudite - Émirats arabes unis - Égypte, alliés des États-Unis dans la région.

L'homme fort de l'Est libyen a vécu vingt ans aux États-Unis, c'est un ancien agent de la CIA, et il possède la nationalité américaine.

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