Sénégal: Une nouvelle façon de gérer l'argent public à partir de 2020

4 Juillet 2019

Une nouvelle façon de gérer l’argent public entrera en vigueur à partir de l’année prochaine au Sénégal. Cette orientation future matérialisera la mise en œuvre des directives que l’UEMOA à donner à ses pays membres, pour une meilleure gestion des finances publiques. En prélude, le Système intégré de gestion de l’information financière (Sigif) qui offre la plateforme devant permettre aux acteurs sénégalais de gérer le budget en programme, a mené un travail en amont pour baliser le terrain.

Établir des budgets sur la base de programmes et non de moyens, avec des objectifs mesures et des résultats concrets. C’est ce à quoi s’achemine le Sénégal.

Cette démarche qui entre en vigueur l’année prochaine répond aux directives de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa).

Cette nouvelle donne était au cœur d’une matinée de réflexion que le Système intégré de gestion de l’information financière (Sigif) a organisé, ce jeudi 4 juillet à Dakar, à l’intention de membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes).

M. Ibrahima Faye, expert en systèmes d’information et Chef de l’Équipe Projet du SIGIF annonce une transformation va être opérée avec en ligne de mire plus de visibilité, de rationalité et de transparence dans la gestion des finances publiques.

Une option qui, selon les explications du SIGIF, devrait permettre à l’État sénégalais et aux sept autres de l’UEMOA, de parvenir à des résultats probants, de régler la dichotomie perçue dans la gestion de nos budgets. Une manière de transposer la gestion d’une entreprise au sein de nos administrations, dira-t-il.

Selon M. Faye, c’est la LOLF qui est la loi organique relative à la loi des finances qui institue une nouvelle façon de voir le budget avec la logique de résultat opposée à celle de moyens, aujourd’hui en vigueur.

Dès 2020, le Sénégal va ainsi appliquer la notion de budget programme qui est le fait de présenter le budget sous forme de programme avec des résultats à atteindre qui sont mesurables.

Ce qui, de l’avis de M. Faye, nécessite la mise en œuvre d’une nouvelle plateforme de gestion des finances publiques du Sénégal. D’où la pertinence de la structure dans laquelle il assure les responsabilités de chef de l’équipe projet.

A l’en croire, le SIGIF a pour objectif de mettre à la disposition des acteurs des finances publiques un système intégré qui va de l’ensemble des aspects que ce soit le cadrage macroéconomique, la préparation du budget, la construction des documents budgétaires qui vont être agrégés pour être une nouvelle loi de finance à présenter à l’Assemblée nationale.

Une fois la préparation budgétaire faite, poursuit-t-il, l’exécution budgétaire va se faire en mode programme avec la mise en œuvre d’une comptabilité patrimoniale pour pouvoir mesurer le patrimoine de l’État, tenir les comptes de l’État dans l’objectif de les certifier par la Cour des Comptes.

Pour rappel, le Système intégré de gestion de l’information financière (Sigif) est le projet qui est en charge de mettre en œuvre toute la gestion des directives de l’UEMOA pour l’administration sénégalaise.

Il est l’outil qui permet d’opérationnaliser ces directives communautaires dont la plupart a été internalisée dans le dispositif sénégalais depuis 2012.

M. Faye estime que la réussite d’une telle dynamique qui va engendrer d’importants changements, nécessite une volonté politique forte.

Le Ministre de l’Économie et des Finances ne sera plus seul ordonnateur de dépense même s’il va continuer à veiller sur la bonne tenue et la sincérité budgétaire.

La plus grande révolution consistera ainsi au pouvoir qui sera confié aux gestionnaires des projets qui seront nommés par décret et qui auront la possibilité de s’opposer sur des options de son ministre, qu’il jugera inopportunes et contraire aux orientations budgétaires.

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Plus de: allAfrica

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