Burkina Faso: Radio Burkina - Le micro au service de la paix et de la réconciliation

Modification de la grille des programmes de la radiodiffusion du Burkina le 4 juillet 2019. Le média public a exclusivement consacré ses programmes de la journée à la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Dès potron-minet ce jeudi, à 5 h précisément, les auditeurs de Radio Burkina ont forcément remarqué que la chaîne publique a modifié sa grille des programmes de la journée. Et le public a attendu 19 h avant de retrouver ses émissions habituelles.

Le remaniement, rassurez-vous, n'est pas la conséquence d'un quelconque mouvement d'humeur des travailleurs. Non. Loin de là. La raison en est simple et noble.

En fait, ce 4 juillet 2019 est une journée dédiée à la promotion de la paix et de la réconciliation nationale. A cette occasion, Radio Burkina a concocté et diffusé un programme spécial, aussi relayé sur les antennes de la Radio rurale et des autres radios de la RTB.

Dans la matinée, les auditeurs ont écouté des variétés musicales nationales sur la paix, la réconciliation et le vivre-ensemble.

Ils se sont remémoré les discours pacifistes et sur le vivre-ensemble de personnalités comme le premier président de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Maurice Yaméogo. Sans oublier les allocutions hautement intégratrices de Thomas Sankara dont l'aura et la pertinence des analyses faisaient l'unanimité.

Mais ça, ce n'est qu'une partie de la grille qui a été proposée dans la matinée. Dans l'après-midi jusqu'à 19heures, les messages d'appel au vivre-ensemble se sont poursuivis avec des reportages sur le thème la journée, des directs avec les responsables religieux, coutumiers, administratifs, etc. : par exemple de 14h 30 à 15heures, sur les différentes antennes partenaires, sont diffusés les messages du Mogho Naaba, du Cardinal Philippe Ouédraogo, du président de la communauté musulmane, du président de la communauté protestante, de l'Emir de Dori.

Bref. Une tripotée de personnes-ressources et de leaders d'opinion se sont exprimés à l'occasion de cette « journée de promotion de la paix et de la réconciliation nationale ». Ce qui est encore intéressant dans cette initiative, c'est qu'en plus du français, les différents messages ont été écoutés dans des langues nationales du pays : mooré, dioula, fulfuldé, etc.

Quelle peut être la contribution de chaque Burkinabè à la paix ? A cette importante question, les intervenants ont été réactifs et la plupart soutiennent qu'il faut cultiver la tolérance dans toutes ses formes. L'opinion de Boureima Yamba, auditeur de Ouargaye, est que « nous sommes sur un même bateau. Nous sommes tous en risque si nous le laissons chavirer. Il faut le dialogue inter et intrareligieux. »

On l'aura remarqué, si Radio Burkina a décidé de retoucher ses programmes pendant quelques heures pour ne diffuser que des messages d'appel à la paix et au vivre-ensemble, c'est parce qu'elle a constaté avec écœurement que depuis bientôt six ans le pays des hommes intègres est à la croisée des chemins. « Depuis l'insurrection d'octobre 2014, le Burkina Faso vit une situation de ni paix ni guerre.

Le mercure ne cesse de monter. En effet, les attaques terroristes à répétition avec leurs corollaires de morts civils et militaires et la fronde sociale ont créé une situation nationale peu enviable. Pour ne rien arranger, les discours aussi bien des hommes politiques que de la société civile et du citoyen lambda ne sont pas de nature à faire baisser l'atmosphère.

La tension est donc palpable, et la cohésion nationale mise à rude épreuve », a déploré la direction de la Radiodiffusion. Selon son patron, la chaîne publique, à travers cette journée, a voulu mettre à profit la large couverture de la radio pour prôner une nation une et indivisible.

« Nous avons un dispositif qui couvre près de 90% du territoire, une quarantaine d'émetteurs disséminés dans toutes les régions du pays et des radios partenaires qui synchronisent avec nous à des moments particuliers, comme à l'heure du journal parlé.

Nos programmes sont aussi relayés sur le réseau satellitaire. Nous nous sommes dit que nous avons là une force pour parler aux Burkinabè et leur permettre de se parler.

Donc nous mettons cette force à contribution pour rechercher la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la réconciliation », a expliqué Harouna Sana.

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