Cote d'Ivoire: Burida - Echanges entre Maurice Bandaman et les artistes ivoiriens

Des échanges houleux, à des moments, et francs ! C'est ce que Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie, a eu avec les artistes de Côte d'Ivoire, mardi dernier, à la Bibliothèque nationale au Plateau.

Au menu de cette rencontre, entre autres questions, portant «la crise au Bureau ivoirien du droit d'auteur (Burida)», «journées de concertation et de réflexions».

Mais, plusieurs artistes ne partageant pas le mode opératoire du débat autour de ces questions ont fait savoir leur désapprobation car, pour nombre d'entre eux, tant que les résultats de l'audit en cours ne sont pas vulgarisés, il n'est point question d'envisager tout autre projet au Burida.

Tout de même, le ministre qui a appelé « à la sagesse et à la tempérance », a déroulé le plan de remise à flot du Burida afin que « cette maison qui est sous la tutelle de son 14ème ministre, depuis sa création, survive aux hommes et s'adapte aux normes modernes de gouvernance pour le bonheur des créateurs ».

Au sujet de l'impasse dans laquelle est englué le Burida, depuis un moment, Maurice Bandaman a tenu à expliquer, aux associations et syndicats des créateurs ivoiriens, sociétaires de ce bureau, que des solutions durables relatives à leur maison commune seront trouvées pour la pérennité de cette structure.

Pour parvenir à cela, un audit a été diligenté et les résultats de celui-ci sont attendus. Justement à propos des résultats de l'audit, le ministre a tenu à rasséréner tous et chacun. Il a même affiché sa volonté de voir aboutir ce processus afin que le Burida retrouve la quiétude.

Mais, selon lui, comme les résultats de l'audit, entourés d'un « contrôle rigoureux et minutieux », doivent d'abord être remis au président de la République, au Premier ministre avant lui, il requiert la patience des artistes. La sempiternelle question de la gestion «Les informations relatives au droit d'auteur sont très sensibles.

C'est pourquoi, les résultats de l'audit ont mis du temps. La rigueur est au contrôle dans cette opération. L'audit va plus loin et ne s'arrêtera pas à l'étape des reproches », a-t-il fait savoir. Toutefois, Maurice Bandaman entend poursuivre le processus de modernisation et de pérennisation du Burida.

« Si chaque fois, on va mettre fin aux mandats en cours des responsables des instances dirigeantes du Burida, cette structure ne sera plus crédible.

Je me réjouis de ce que, malgré les remous et incompréhensions, les structures continuent leur mandat », a ajouté le ministre Bandaman. C'est donc en cela qu'il fera un large développement sur « les journées de concertations et de réflexions » que son département entend organiser les 10, 11 et 12 juillet prochains.

« Ces journées seront une occasion pour mobiliser toutes les compétences, afin de partager les expériences. Les propositions, qui seront faites, seront consignées dans un livre blanc pour renforcer la gouvernance du Burida et ses capacités opérationnelles.

Ces journées vont également permettre d'expliquer et clarifier ce qu'on appelle droit d'auteur et droit voisin pour éviter les incompréhensions », a-t-il expliqué.

Ainsi, des structures telles que le comité scientifique, le secrétariat seront mis en place. Des experts de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (Cisac) y seront pour apporter leur savoir-faire.

Pour le ministre, il faut des personnes ressources pour mener à bien ces journées qui vont permettre, aux artistes, de tourner la page des crises à répétition au Burida.

Si le comité d'honneur est dirigé par Léonard Groguhet, Bienvenu Néba préside celui des sages. Des personnes ressources telles que Traoré Salif alias A'Salfo, Sylvain Séry ( Pca du Burida) et Noël Dourey sont cooptées à ses côtés.

Le groupe d'experts, composé de Nobert Etranny, Alain Tailly, Irène Vieira (Dg du Burida) et un expert sénégalais, mèneront la réflexion sur la reforme du Burida.

Concernant les participants, il a relevé que les 201 membres de l'Assemblée générale du Burida sont d'office conviés à ces travaux qui vont dessiner l'ossature et la feuille de route définitive du Burida.

Seul bémol de cette rencontre, c'est l'éclat de voix de certains artistes au nombre desquels le rappeur Steve Zagoré, plus connu sous le pseudonyme Stezo. Ce dernier, par des propos irrévérencieux, a interloqué Maurice Bandaman, l'accusant de « tuer l'industrie du disque ».

Finalement, ses confrères sont parvenus à le maîtriser pour le faire sortir de la salle. Le calme revenu, Maurice Bandaman a informé l'assistance qu'il le fera arrêter les jours à venir.

Le rappeur devenu pasteur pourrait certainement aller réfléchir à la Maison d'arrêt et de la correction d'Abidjan (Maca) sur les codes de bonne conduite.

Ce qui serait à la fois bénéfique tant pour les artistes que pour la communauté chrétienne qu'il dirige. Des artistes tels que Noël Dourey ont présenté au ministre les excuses de la corporation pour le comportement de Stezo.

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