Ile Maurice: Virées de Veeren - Pourquoi tant de privilèges ?

Le Chetak qui survolait la capitale le lundi 1er juillet n'était pas en route pour récupérer les clés de voiture d'un haut gradé de la police. Ce jour-là, l'hélicoptère avait une autre mission : surveiller Peroomal Veeren, qui était de sortie.

D'ailleurs, à chaque fois qu'il quitte la prison, c'est le même cortège qui l'accompagne. Pourquoi ? Comment ? Combien ça coûte ? Et puis, qui est-il ?

Aux Casernes, ceux qui montent les opérations pour escorter le caïd sont rôdés. C'est qu'il est souvent sur les routes, Peroomal Veeren.

Lundi dernier, il devait se présenter en cour pour son divorce, et le 30 mai, il devait se rendre chez le dentiste. Rage de dents ? Implants plaTuIîiïnesques ?

Voulait-il se les faire enlever avant l'opération de l'ICAC ? On ne le sait pas. Toujours est-il que chaque virée de Peroomal Veeren coûte environ Rs 100 000 au contribuable, balade en hélico au coût de Rs 27 000, tanks, ambulance, mobilisation GIPM, SSU et tout le tralala. Pourquoi tant de privilèges ?

Vinod Appadoo, le Commissaire des prisons, explique que c'est la Cour qui a demandé à ce que l'hélicoptère de la police l'accompagne lundi dernier. Même chez le dentiste le 30 mai ?

«La police est en présence d'informations selon lesquelles le prisonnier Veeren prévoit de s'évader. Il n'y a pas d'informations concrètes, mais lorsqu'il était à Beau-Bassin, dans sa cellule, les gardiens avaient retrouvé des magazines sur les bateaux.

Si cela arrive, ce sera une catastrophe, surtout que grâce à son réseau, il pourra facilement quitter le pays», avance une source bien informée.

D'ailleurs, le fait qu'il se rende en cour le même jour que Shahebzada Azaree - patron de Gloria Fastfood à la rue Desforges et à la gare Victoria, accusé de blanchiment d'argent - a apporté de l'eau au moulin de ceux qui défendent cette théorie.

Mais ce n'est pas la seule raison. D'autres avancent que la vie de Peroomal Veeren est en danger. C'est la raison pour laquelle il est souvent vu avec un casque sur la tête. Qui voudrait le tuer ? Des concurrents ?

Des familles de victimes de la drogue ? Des politiciens ? Encore une fois, pas d'informations concrètes, mais si les autorités ne veulent pas que le condamné s'évade, ils souhaitent encore moins qu'il finisse en martyre.

Une dent contre les déplacements

À chaque fois que le trafiquant de drogue se déplace, les commentaires pleuvent. Les policiers grognent et les internautes se déchaînent.

L'un d'eux s'est demandé pourquoi les dentistes ne se déplacent pas vers les prisonniers, ce qui coûterait moins cher. Le commentaire n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

Dès ce lundi 8 juillet, les règlements pour mettre en place une Mobile Dental Clinic, qui sillonnera les prisons afin de redonner un sourire dentifrice blancheur aux détenus qui broient du noir, seront établis. «J'ai fait la demande auprès du ministre de la Santé et il a donné son aval», a confirmé Vinod Appadoo.

Qu'en est-il des autres soins ? À la Bastille, la quinzaine de détenus bénéficie d'un suivi médical constant.

Un homme de loi avance que déjà, avant d'être placé là-bas, le détenu doit impérativement être ausculté par un médecin pour juger de son aptitude à servir sa sentence dans cette prison.

De plus, un médecin est toujours on duty et vérifie l'état de santé des détenus deux fois par jour. «Ces prisonniers ne voient le soleil que deux heures quotidiennement», explique l'avocat.

Ont-ils peur de bronzer ? «La plupart de ces prisonniers sont des hardened criminals et tout est fait pour les couper de leur réseau. Mais leur état de santé peut en pâtir», fait valoir une source dans l'univers carcéral. En plus du médecin, la prison est aussi équipée d'un appareil électrocardiographe.

«Mais le médecin n'est qu'un généraliste. Lorsqu'il y a des complications de santé ou qu'ils ont besoin de soins dentaires, les prisonniers sont transférés à l'hôpital de Rose-Belle, où il y a une aile prison.»

À Beau-Bassin, la situation est différente. La prison est dotée d'un mini-hôpital, avec les services appropriés. Ce n'est que les patients atteints de maux graves qui sont transportés vers les hôpitaux.

L'expertise d'un généraliste ne suffit donc pas dans le cas de Peroomal Veeren ? Selon une source qui l'a fréquenté, le caïd est atteint d'un diabète «incontrôlable» et a besoin de soins spécialisés sur une base régulière.

Même sa nourriture doit être mesurée avec précision pour ne pas aggraver son état de santé, mais ce n'est pas toujours le cas. Puis, depuis lundi dernier, l'épilepsie est venue se rajouter aux maux dont il souffre.

«Mais attention. L'épilepsie n'est pas anodine. Il faut voir s'il a des antécédents de cette maladie», avance une autre source, précisant que ce jour-là, il avait été examiné le matin même avant sa sortie.

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