Maroc/Bénin: Le drôle de doublé de Renard

Hervé Renard tient son doublé ! Après avoir remporté deux trophées de CAN avec deux sélections différentes, la Zambie en 2012 et la Côte d'Ivoire en 2015, le sélectionneur français a «réussi» avec le Onze marocain à deux reprises le petit tour et puis s'en va : en 2017 au Gabon et en 2019 en Egypte.

Après avoir réussi la passe de trois au stade Assalam au Caire pour le compte des rencontres du premier tour, cette même pelouse n'a pas porté, cette fois-ci, chance à l'équipe nationale, vendredi face au Bénin qui a balisé son chemin aux quarts de finale, s'adjugeant le gain de la partie après recours aux tirs au but (4 à 1) ; le temps réglementaire et les prolongations s'étaient soldés sur une issue de parité, un partout.

Grosse désillusion suite à cette élimination prématurée alors que tout le monde entretenait l'espoir légitime de voir cette équipe aller le plus loin possible et pourquoi pas jusqu'au bout du tournoi. Hélas, il n'en fut rien même si tout prêtait à croire que «le Lion allait bouffer l'Ecureuil».

Les Béninois ont sorti le match qu'il fallait, taillé à leur dimension : la défense à outrance, contenant une sélection marocaine qui est passée à côté de son sujet, se faisant surprendre à la 53ème minute de jeu après l'ouverture du score par l'entremise de Moise Wilfrid Adilehou.

Un but qui rappellera à plus d'un celui de l'élimination lors de la CAN 2017 dû à la faute d'inattention de Mehdi Benatia, sauf que cette fois-ci, la gaffe a été commise par Marouane Da Costa qui n'a pu contrer le buteur béninois.

Les carottes n'étaient pas cuites pour de bon pour les partenaires de Hakim Ziyech, crédité d'une piètre prestation et sous les feux de critiques acerbes depuis l'entame de la Coupe d'Afrique alors qu'il était le meilleur élément de l'équipe lors de la phase de préparation.

A un quart d'heure de la fin du temps réglementaire, l'EN est parvenue à revenir dans le match, grâce à Youssef En Nseyri, goleador pour la deuxième fois après l'avoir été devant la Côte d'Ivoire.

Et les débats auraient pu être pliés en faveur du Onze marocain, si Ziyech n'avait pas manqué un penalty sifflé aux extra times. Un ratage qui a eu l'effet d'une douche froide sur toute l'équipe sommée de puiser au fond de ses réserves une qualification non acquise d'avance.

Lors des prolongations, l'occasion la plus évidente est à mettre à l'actif du malheureux Ziyech qui a vu son tir aller mourir dans le décor. Un Hakim Ziyech épuisé, hors coup sauf aux yeux de Hervé Renard qui a fait savoir dans une déclaration relayée par l'AFP que « dans le vestiaire, c'était le silence total. Je me suis efforcé de serrer la main à tous les joueurs, à tous les membres du staff, au président et au ministre qui sont venus et voilà, rien d'autre. Pas un mot, quelques pleurs... Ça fait partie du football. Le football est tellement passionnant qu'on passe par toutes les émotions, et ce soir elles sont mauvaises ».

Concernant son avenir, Hervé Renard a indiqué que « ce n'est pas le bon moment de parler de ça », avant d'ajouter que « ça fait trois ans et demi que je suis au Maroc, avec des joueurs qui m'ont beaucoup donné. Ce soir, il est 21h20, il est encore tôt. Tranquille, on va rentrer à l'hôtel. Malheureusement, il va falloir faire nos valises. Et puis avec la déception, avec les jours qui vont s'écouler, chacun prendra les décisions qu'il doit prendre en son âme et conscience."

Avant toute chose, Hervé Renard est tenu d'expliquer tout ce qui se rapporte à cette contre-performance grand format, via une conférence de presse et non pas opter pour un silence radio comme cela fut le cas après le Mondial russe l'année dernière. La FRMF n'est pas en reste et doit apporter des réponses à la déconfiture de l'équipe première et aux déboires des sélections des autres catégories laminées sur la scène continentale.

Les larmes d'Adam

Le petit Adam, dix ans à peine. Pas plus grand que trois pommes. Mais avec un cœur grand comme ça ! Un cœur en rouge-et-vert, tout comme les couleurs qu'il portait, si fièrement, ce jour-là. Adam a pleuré deux fois. La première, c'étaient des larmes de joie, suite à l'égalisation réussie par l'équipe du Maroc qui s'était laissée mener au score par celle du Bénin. La deuxième, c'étaient, en revanche des larmes de déception et de dépit. Là, inconsolable, il est parti en sanglots et ce n'était pas son papy de président qui l'était tout autant, avec toutefois les sanglots et les larmes en moins, qui aurait pu le réconforter. Ni, non plus, ces dizaines de sociétaires et d'habitués de l'ASC, club phare du sport-boules et siège de la FRMSB qui avaient tenu à vivre ce match dans une ambiance de stade dans leur club préféré.

Eh oui ! Tellement, après ces lamentables tirs au but, tout le monde affichait une tête d'enterrement. Pas qu'une douche froide. Elle était bel et bien béninoise. Et ce n'était pas bénin. Loin s'en faut.

Qu'à cela ne tienne, Adam. Après tout, c'est de sport qu'il s'agit. Et puis, peut-être pas nous, mais toi, Adam, tu as le temps. T'es appelé à vivre et à célébrer bien de victoires.

Il y aura sûrement d'autres générations de joueurs qui sauront te combler.

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