Burkina Faso: Campagne agricole 2019 - Les recommandations de l'ANAM

L'Agence nationale de la météorologie (ANAM) du Burkina était face à la presse. L'objet de cette rencontre était de faire la mise à jour des données météorologiques de la saison pluvieuse des mois de juillet, août et septembre (JAS). C'était le 5 juillet 2019, à Ouagadougou.

Le 10 mai 2019, un point de presse à l'intention des médias avait été organisé et animé par l'ANAM pour une diffusion au niveau national des premiers résultats issus de ce forum.

Compte tenu de la dynamique au sein des océans et de l'évolution des indicateurs océaniques et atmosphériques qui influent sur la pluviométrie saisonnière juin-juillet-août (JJA), juillet-août-septembre (JAS) et les paramètres agro-climatiques de la saison agricole dans les pays du Sahel, une mise à jour de ces résultats de prévisions a été faite au mois de juin en vue de réajuster les tendances saisonnières.

C'est de cette mise à jours qu'il a été question lors de la conférence publique qui a eu lieu le 5 juillet 2019, à l'ANAM. Selon Ousmane Ouédraogo, expert en prévision, les dernières prévisions indiquent qu'il est prévu globalement au cours de la période juillet-août-septembre, une situation normale à déficitaire sur la majeure partie du territoire.

Les parties Ouest et Sud-Ouest devraient s'attendre à une situation déficitaire à normale pour les mêmes périodes.

« Pour ce qui est de la prévision nationale des cumuls pluviométriques JAS 2019, on pourrait s'attendre à des cumuls pluviométriques déficitaires (inférieurs à la normale climatologie) sur les régions du Sud-Ouest, des Cascades, des Hauts-Bassins et une partie de la Boucle du Mouhoun », a-t-il confié.

En ce qui concerne la prévision de la durée des séquences sèches en début de saison, le communicateur a indiqué que « dans les zones sahéliennes et soudano-sahéliennes du pays, il est prévu l'avènement de séquences sèches dont la durée serait plus longue (45%) ou égale à la moyenne (35%) en période d'installation des cultures. Dans la zone soudanienne, la prévision indique la possibilité d'apparition de séquences sèches moyennes (45%) avec une tendance plus longue (30%) ».

Il a, par ailleurs, indiqué que concernant la prévision des dates de fin de la saison agricole, sur l'ensemble du territoire, il est prévu une fin normale avec une tendance précoce de la saison agricole 2019.

« En référence aux dates climatologiques de fin de saison normale sur le pays, cette situation correspond à la période à partir du 10 au 20 septembre 2019 pour la partie sahélienne, du 21 au 10 octobre 2019 pour la partie soudano-sahélienne, du 11 au 20 octobre pour la partie soudanienne.

En référence aux dates climatologiques de fin de saison précoce sur le pays, cette situation correspond à la période avant le 10 septembre pour la zone sahélienne, du 11 au 20 septembre pour la zone soudano-sahélienne, après le 20 septembre pour la zone soudanienne », a-t-il laissé entendre.

Le directeur général de l'ANAM, Ernest Ouédraogo, a, quant à lui, souligné que dans le processus, la répartition des pluies est très importante.

« S'il y a une bonne répartition des pluies au niveau de la saison, on aura une bonne récolte et nous savons que lorsqu'il y a des séquences sèches longues pendant la phase floraison qui est la période critique des plantes, la production se voit réduite.

Si pendant cette phase critique, il n'y a pas de séquences sèche longue, nous pouvons nous attendre à une saison avec des productions acceptables, sinon bonnes», a-t-il fait savoir.

« Les prévisions que nous venons de donner, nous nous attendons à une fin de saison, soit normale à tendance précoce, alors qu'initialement au mois de mai, nous avions dit que la fin de la saison allait être normale à tendance tardive », a-t-il soutenu.

Ce dernier a par ailleurs indiqué à la population que ce ne sont pas les quantités de pluie qui entraînent les inondations, « mais, la qualité des infrastructures, l'existence de caniveaux ou pas, l'état de la voirie, la quantité de pluie tombée dans le laps de temps ».

Le directeur général a également, au cours de la conférence, prodigué des conseils agrométéorologiques (voir encadré).

Face au risque de sécheresse, et pour prévenir les risques liés à cette situation, il est recommandé de privilégier les espèces et variétés résistantes au déficit hydrique, promouvoir l'irrigation d'appoint tout en assurant une gestion rationnelle de la ressource en eau, diversifier les activités génératrices de revenus et promouvoir le maraîchage et l'agroforesterie pour pallier le déficit en eau, diversifier les activités génératrices de revenus et promouvoir le maraîchage et l'agroforesterie pour pallier le déficit de production.

Face aux risques d'inondation, il est recommandé d'éviter l'occupation anarchique des zones inondables, de curer les caniveaux pour faciliter l'évacuation des eaux de pluie, etc. ; au regard des risques liés aux maladies, sensibiliser et diffuser des informations d'alerte sur les maladies à germes climato-sensibles, en collaboration avec les services de météorologie et de santé, prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides, etc.

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