Mali: Bosco Ntaganda/ Mohamed Al-Hassan devant la CPI - Deux hommes rattrapés par leur passé

Bosco Ntaganda et Mohamed al-Hassan. Voilà deux hommes que tout rapproche. En effet, le premier cité, c'est-à-dire Bosco Ntaganda, âgé de 45 ans, est un ex-seigneur de guerre congolais arrêté et transféré à la Cour pénale internationale (CPI) qui l'accuse d'avoir « commandité des meurtres, des viols et des pillages dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC) », il y a de cela 17 ans.

Sur les dix-huit accusations de crimes qui pèsent sur lui, on peut, entre autres, citer l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans et les persécutions de toutes sortes. C'est lui que l'on surnomme « Terminator », tant il incarnait la peur et ne reculait devant rien.

Quant au second, entendez Mohamed-al-Hassan, il s'agit d'un islamiste malien qui, arrêté en avril 2017, à Bamako, a été transféré à la prison de Scheveningen le 31 mars 2018. Agé de 40 ans, il est poursuivi pour « crimes de guerre et crimes contre l'humanité ».

Membre d'Ansar Dine, c'est lui qui dirigeait la police islamique de Tombouctou dont l'objectif était de veiller au strict respect de la charia : interdiction de fumer et de boire de l'alcool, obligation du port intégral du voile pour les femmes, etc.

Son arrestation et son transfèrement à La Haye ont été vécus par les habitants de la ville aux « 333 saints », comme un immense soulagement.

Vous l'aurez donc compris. Bosco Ntaganda et Mohamed al-Hassan se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Il s'agit de deux criminels rattrapés par leur passé et qui se retrouvent tous les deux sous les fourches caudines de la Justice internationale.

Ils auront déjà payé pour leurs crimes

Certes, l'un est un ex-seigneur de guerre, contrairement à l'autre qui fut un islamiste mais il n'en reste pas moins que tous les deux ont fait couler le sang d'innocentes personnes parce qu'ils passaient, à un moment donné de leur vie, pour être des hommes forts qui pouvaient s'arroger le droit de vie et de mort sur les autres.

Tout puissants à l'époque, ils étaient loin d'imaginer qu'ils rendraient compte un jour de ce qu'ils ont fait ou commandité.

Il est vrai que certaines de leurs victimes ne sont plus de ce monde, mais du fond de leur tombe, elles auront le sommeil tranquille en apprenant que leurs bourreaux ont été « neutralisés » pour ne pas dire qu'ils sont dans les liens de la détention, après avoir été reconnus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Quant aux femmes violées et tous les habitants qui, à Tombouctou au Mali comme en Ituri en RDC, ont vu leurs biens pillés, ils ne peuvent que se réjouir de voir aujourd'hui que Bosco Ntaganda et Mohamed al-Hassan ont maille à partir avec la Justice internationale.

C'est vrai qu'au stade actuel, ils ne sont pas encore condamnés et qu'ils pourraient un jour, être acquittés comme Jean-Pierre Bemba, mais ils auront déjà payé pour leurs crimes pour avoir passé plusieurs années dernière les barreaux.

Et qui sait ce que leur réserve la Justice immanente qui, comme on le sait, s'exerce sans aucune forme d'intervention extérieure ?

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