Centrafrique: La présence des forces internationales critiquée

La ministre française des Armées Florence Parly a séjourné à Bangui. Cette visite intervient dans un contexte marqué par une forte défiance envers les troupes internationales déployées en Centrafrique.

Face à l'insécurité qui perdure du fait de l'occupation des trois quarts du territoire national par les rebelles, une majorité de Centrafricains jugent la présence des forces internationales inutile, notamment celle de la Minusca, la mission de l'ONU en Centrafrique.

Selon Gervais Lakosso, figure de la société civile centrafricaine, "l'objectif qui est fixé, c'est à dire la protection des populations, l'appui pour la stabilisation du pays est loin d'être atteint. C'est devant les casques bleus qu'on commet les crimes les plus graves. On se demande même ce qu'ils font en Centrafrique. Il faut lever le fameux embargo et laisser notre armée faire son travail."

Ces critiques sont également formulées contre les forces françaises de l'opération Sangaris déployées jusqu'à leur retrait en 2013.

La France a tout de même maintenu sa présence avec 300 soldats qui ont pour mission la formation des forces armées nationales centrafricaines et l'appui à la force de l'ONU qui compte 13.000 hommes.

En décembre 2018, Paris a remis aux forces armées centrafricaines (FACA) 1.400 fusils d'assaut, après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU en vigueur depuis 2013.

À Bangui, la ministre française a assisté à la prise de commandement par la France de la mission EUTM-RCA (European Union Training Mission), qui participe à la formation des FACA.

Les Russes persona non grata

Une partie de l'opinion centrafricaine fustige aussi la présence des Russes en RCA.

Pourtant, comme la France, la Russie a elle aussi livré début 2018 des armes à l'armée nationale en pleine restructuration. C'est pourquoi Moscou a dépêché sur place une centaine d'instructeurs qui forment les soldats des FACA au maniement de ces armes.

Mais Stéphane Freddy Mboula de l'université de Lille, dans le nord de la France, estime que les forces russes sont là pour avant tout s'assurer un contrôle des ressources minières :

"La présence russe? Elle est nuisible comme les rebelles. Il n'y a que Faustin-Touadera qui puisse croire à cette présence. Ce n'est qu'une stratégie politique pour une occupation des zones minières. Il n'y a pas une présence militaire russe efficace."

Des progrès à faire

Lors de sa visite à Bangui, Florence Parly a reconnu qu'il "reste encore beaucoup à faire" pour la mise en œuvre de l'accord de paix signé en février à Khartoum entre 14 groupes armés et le gouvernement centrafricain.

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