Burkina Faso: L'opposition politique invite le gouvernement à initier une opération « Bori Bana »

D'entrée de jeu, les conférenciers du jour, Adama Séré président du RDEBF et Amadou Diemdioda Dicko, 4e vice-président de l'UPC, ont fait savoir que cela fait 190 jours aujourd'hui qu'a eu lieu le massacre de Yirgou et que, ni les commanditaires et les exécutants, ni les assassins du chef de Yirgou n'ont été arrêtés.

Pour ce faire, l'opposition politique dénonce cette impunité et exige de la justice burkinabè qu'elle prenne ses responsabilités en rendant une justice impartiale et dans de meilleurs délais.

Selon le 4e vice-président de l'UPC, des populations fuient le terrorisme dans les régions du Sahel, du Centre-nord, de l'Est et du Nord en quittant leurs villages. Pire, ajoute-t-il, ces populations ont abandonné leurs champs et leurs outils de travail dans la course au survie. «

Dans plusieurs localités, des paysans ont même été interdits par les terroristes de cultiver des céréales cette année » affirme M. Dicko. Malheureusement, déplore-t-il, ces populations « en détresse ne bénéficient pas assez de l'assistance de la part du gouvernement ».

« Elles sont abandonnées sans soins dans des écoles et même à la belle étoile par ces temps pluvieux. Pas de nourriture, pas de soins, pas de logements, pas d'assistance psychologique de la part de l'Etat » a déclaré Amadou Diemdioda Dicko, principal orateur du jour.

Pour ce faire, l'opposition politique invite le gouvernement à initier une opération « bori bana » (la fuite est terminée, Ndlr) qui consistera en une vaste opération de sécurisation des zones attaquées à travers la réinstallation et le renforcement de l'administration sécuritaire dans lesdites zones, et des plans de ripostes et de résilience impliquant les populations elles-mêmes.

Ce, précise l'opposition, dans le but de reloger les populations sur leurs terres. « Si le gouvernement continue dans l'indifférence et dans l'inertie, il trouvera un beau matin une bonne partie du Burkina aux portes de Ouagadougou » prévient l'opposition.

Elle en veut pour preuve la manifestation du week-end écoulé des déplacés internes (27 000 personnes selon la mairie) de Barsalogho dans la province du Sanmatenga qui exigent du gouvernement le renforcement de la sécurité dans leur commune.

En outre, à entendre les conférenciers, pendant que les populations du Sahel et du Nord fuient les terroristes, « des camions sous haute sécurité puisaient du manganèse du site de Tambao et les transportaient à des destinations jusque-là inconnues ».

« Le gouvernement trouve les moyens d'escorter des minerais, mais se montre incapable de sécuriser les êtres humains vivant à Markoye » déplore l'opposition.

A en croire à un communiqué publié le 4 juillet dernier du ministre concerné, ‹‹l'opération consiste en une vente sous contrôle judiciaire du tribunal de Commerce de Ouagadougou suivant ordonnance du 5 février 2018››.

Pour l'opposition, cette opération a lieu à un moment où le débat sur le scandale du charbon fin a toujours cours et que les prélèvements de 40 000 tonnes de minerais ont été faits sans en informer les populations et les autorités locales. L'opposition politique estime que les informations fournies par le ministère des Mines sont incomplètes.

‹‹A combien s'élèvent les dettes envers les créanciers et les ex-travailleurs? Combien valent les 40 000 tonnes prélevées? Qui a sélectionné l'entreprise avec laquelle la vente a été conclue et selon quel critère? » autant de questions que se pose l'opposition.

S'agissant de l'auto-saisine du Conseil constitutionnel au sujet de la révision du Code pénal, l'opposition a félicité le Conseil pour son courage et s'est également réjouit de la position de l'Unité d'action syndicale (UAS) et de certaines OSC qui « rejettent cette loi liberticide ».

Elle invite tous les défenseurs de la liberté et de l'Etat de droit à poursuivre la mobilisation contre cette réforme qui consacre « un grave recul au pays de Norbert Zongo ».

Elle a aussi exprimé sa fierté sur l'inscription des sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco le vendredi 5 juillet dernier lors de la 43e session du Comité du patrimoine mondial tenue à Bakou en Azerbaïdjan.

« Le forge symbolise dans la culture burkinabè le pardon et la réconciliation des cœurs›› ont conclu les conférenciers.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Fasozine

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.