Congo-Kinshasa: Justice internationale - Le Dr Denis Mukwege salue le jugement prononcé contre Bosco Ntaganda

Le médecin congolais et Prix Nobel de la paix s'est réjoui, dans un communiqué du 9 juillet, du verdict de la Cour pénale internationale (CPI) rendant coupable l'ex-chef de guerre congolais de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, commis en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), en 2002-2003.

« Ceux qui ciblent les civils, violent, éventrent des femmes enceintes et utilisent les jeunes filles comme des esclaves, tous doivent être poursuivis et jugés », a prévenu le directeur de l'hôpital de Panzi, estimant que la décision prise contre Bosco Ntaganda montre que la communauté humaine a l'obligation morale et juridique de fixer des lignes rouges.

Le Dr Denis Mukwege se dit, par ailleurs, convaincu qu'il n'y aura pas de paix durable ni de réconciliation dans la région des Grands Lacs et en RDC sans la justice, la vérité et des réparations pour les survivants ainsi que les communautés affectées. La décision rendue à La Haye est, selon lui, un pas dans la bonne direction « qui ne peut faire oublier que les instigateurs de l'instabilité dans la région des Grands Lacs et en RDC continuent d'occuper des fonctions dans les institutions et au sein des forces de sécurité et de défense, et poursuivent leurs entreprises criminelles en liberté dans un climat où l'impunité prévaut toujours largement ».

Aussi invite-t-il le Bureau de la CPI à « poursuivre les enquêtes en RDC pour enrayer la spirale de la violence qui se poursuit en Ituri, dans les Kivu et ailleurs jusqu'à ce jour ».

Traduire en justice tous les auteurs de crimes internationaux

En outre, le médecin congolais appelle les Etats de la région des Grands Lacs à une coopération et une entraide judiciaire franche avec la CPI pour traduire en justice les auteurs de crimes internationaux qui courent toujours. « Dans cette période marquée par la tentation du repli, nous plaidons également pour que la communauté internationale intervienne partout où les populations sont en danger ou prises en otage par leurs autorités, car la souveraineté émane des peuples et ne peut être revendiquée par ceux qui ne savent ni protéger leurs citoyens ni garantir leur besoins élémentaires, et menacent la paix et la sécurité internationale », a-t-il souligné, exhortant aussi les Etats parties au Statut de Rome à se mobiliser pour allouer à la CPI les moyens nécessaires pour accomplir sa mission.

Rappelons que la chambre de première instance VI de la CPI, dans sa sentence du 8 juillet, a rendu le Congolais Bosco Ntaganda coupable, « au-delà de tout doute raisonnable », de dix-huit chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, commis en Ituri, en RDC, en 2002-2003. Cette chambre s'est dite convaincue que cet ancien seigneur de guerre était directement responsable d'une partie de trois des chefs de crime, à savoir le meurtre en tant que crime contre l'humanité, le crime de guerre et la persécution en tant que crime contre l'humanité, et qu'il était l'auteur indirect des parties restantes de ces crimes. Il a été reconnu coupable en tant qu'auteur indirect des autres crimes.

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