Centrafrique: Débuts timides pour l'application de l'accord de paix, la méfiance persiste

La mise en application de l'accord de paix signé il y a plus de cinq mois entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, qui contrôlent toujours 80% du territoire, commence à se concrétiser timidement sur le terrain.

Après la démobilisation d'une centaine de combattants il y a quelques jours, le groupe armé UPC du général Ali Darassa a remis ce mardi 9 juillet aux autorités centrafricaines les bâtiments de la gendarmerie de Ngakobo, à une soixantaine de kilomètres de Bambari, qu'ils occupaient depuis des années. Le tout, au cours d'une cérémonie en grande pompe, en présence notamment des représentants de la Minusca et de l'Union africaine

Cette restitution se veut un symbole de la volonté de l'UPC de mettre en application l'accord de paix de Khartoum, assure son porte-parole Ali Moussa. Mais ce groupe armé devrait en rester là pour le moment. « Nous avons fait un premier pas et nous attendons que les autres fassent la même chose avant d'aller plus loin », prévient-il. Une méfiance partagée par toutes les parties signataires.

D'abord entre les groupes armés : chacun a peur de se retrouver en position de faiblesse si jamais il accepte de désarmer ses combattants, ou de renoncer à ses barrières avant les autres. Méfiance aussi envers le gouvernement centrafricain, sommé de mettre d'abord en place les Unités spéciales mixtes de sécurité qui vont contribuer à la sécurisation du pays. Elles doivent être composées pour 60% de combattants issus des groupes armés, pour 40% de combattants issus des FACA.

« C'est la condition pour qu'on puisse aller au désarmement total et au démantèlement des barrières en toute confiance », prévient le porte-parole de l'UPC. Une position commune à tous les groupes armés.

Le pouvoir centrafricain, qui estime de son côté avoir rempli sa part du contrat en mettant en place le gouvernement élargi aux groupes armés, exige qu'ils se prêtent d'abord au désarmement avant la mise en place des USMS, comme prévu par l'accord de paix. « Il n'y aura pas de véritables avancées tant que ces divergences d'interprétation persistent », explique un diplomate basé en RCA.

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