Congo-Kinshasa: Sud-Ubangi - Guerre totale entre Jean-Pierre Bemba et José Makila

10 Juillet 2019

La ville de Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, se trouve sous très haute tension en marge du nouveau round de l'élection du gouverneur et du vice-gouverneur, après l'annulation de celle de mars 2019.

Les acteurs de cette montée de tension ne sont autres que Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République et Sénateur honoraire, et José Makila, ancien Directeur général de l'OVD (Office des Voiries et Drainages), ancien ministre des Travaux Publics et Infrastructures, ancien gouverneur de l'ex-Equateur, actuellement député national.

Le président du MLC (Mouvement de Libération du Congo) et son ancien protégé au sein de ce parti, se sont illustrés, le dernier week-end, par des propos incendiaires, truffés d'injures et menace, l'un à l'autre à l'endroit de l'autre, au grand étonnement de ceux qui ont eu à les écouter. Alors que Jean-Pierre Bembe avait pris prétexte d'un meeting populaire, le week-end dernier à Gemena, pour descendre en flammes José Makila, ce dernier, de son côté, s'était appuyé sur une radio locale pour une réplique cinglante.

On a retenu des propos de Jean-Pierre Bemba que José Makila, qu'il n'a pas cité nommément était, avec un autre originaire du Sud-Ubangi, dont il a tait le nom, les plus grands communs diviseurs de cette jeune province, et les principaux acteurs du blocage de son développement. Il s'est dit surpris d'apprendre que Makila considérait les vrais autochtones comme des «Israéliens» et les autres comme des «Palestiniens» à chasser du coin.

Après avoir accusé l'un et l'autre de distiller constamment des messages de haine tribale entre Ngandi, Ngaka et autres tribus de la contrée, il a martelé que ceux-ci jouaient des pieds et des mains pour faire élire un des leurs pions à la tête de la province en vue de la piller davantage.

Mettant José Makila et consorts au défi de revenir à Gemena pendant qu'il est là, il a juré de leur faire passer un mauvais quart d'heure s'ils osaient y mettre leurs pieds.

Sa mission principale à Gemena, a-t-il lâché, était de libérer toutes les tribus du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi, de la Mongala, jusqu'à la Tshopo, de la dictature, du tribalisme, des pillages de Makila et compagnie.

De son côté, José Makila a traité Bemba de lâche, pour n'avoir pas eu le courage de le citer nommément au cours de son meeting, et de mal éduqué, pour avoir tenu des propos d'une bassesse inqualifiable à son endroit. Rappelant ses origines de petit-fils d'un grand chef coutumier nommé Gozo, il a clamé que personne, en dehors du bon Dieu, ne pouvait lui interdire de vivre à Gemena. Pour ce qui est des accusations de criminel économique et de semeur de désordre, il les a balayées d'un revers de la main, mettant à son tour Bemba au défi de présenter ses réalisations. Selon lui, le chairman n'a rien construit au Sud-Ubangi, ni un dispensaire, ni une plantation. Pour sa part, il a revendiqué plusieurs œuvres financées avec ses maigres moyens. Le vrai débat, selon lui, devrait se dérouler sur le terrain des actes et non des histoires anciennes.

S'agissant de la course au gouvernorat, il a martelé qu'il n'était pas intéressé, ni de près, ni de loin. Il s'est tout de même étonné que le président du MLC, qui ne compte que cinq députés provinciaux sur 28, puisse rêver debout de la victoire de son candidat.

Concernant la vente du marché de Gemena lui imputée par Jean-Pierre Bemba ainsi que des maisons de la Cotonnière, il a promis de saisir la juste. Enfin, il a donné rendez-vous à la population de Gemena à son retour d'un voyage aux USA pour attendre qu'on vienne lui trancher la tête.

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