10 Juillet 2019

Congo-Kinshasa: Mines - Le statu quo dans les sites un an après la révision du code du secteur

Le 9 juillet, la nouvelle législation minière enfantée dans un climat d'intense tension entre les autorités congolaises et les entreprises minières passe le cap des douze mois sans apporter réellement des solutions durables à certains grands défis comme l'envahissement des industries minières par les creuseurs artisanaux.

Toutefois, plusieurs associations des droits humains mettent en garde les dirigeants politiques contre tout usage de la force pour régler le problème.

La problématique de l'encadrement de l'artisanat minier reste très sensible dans les provinces minières du pays. En effet, l'évolution de ce secteur inquiète d'abord par son ampleur sans précédent. Rien que dans le Lualaba, l'une des provinces formant jadis l'ex-Katanga, pas moins de cent cinquante mille creuseurs s'activent dans les sites miniers à la recherche du cobalt et du cuivre. Au cours des dernières années, plus de quarante-trois creuseurs artisanaux ont trouvé la mort dans des conditions effroyables dans les zones minières du Lualaba. On comprend dès lors la précipitation avec laquelle les autorités de cette province ont tenté de réformer l'exploitation artisanale, dont la production couvrirait pas moins de 20 % de leurs activités. Par ailleurs, cette exploitation est également une question d'intérêt national car l'arrivée massive des ressortissants des provinces voisines préoccupe au plus haut point les dirigeants du Lualaba.

Certainement, la plus grande réforme sera d'arriver réellement à briser la ruée des jeunes vers les mines en proposant autre chose, notamment les parcs agricoles. Pour certaines associations à l'instar de la Southern africa resource watch (Sarw), il est à craindre le plus une tentative de régler le problème de l'afflux massif des jeunes dans les sites miniers par l'usage de la force. Une opération musclée de l'autorité provinciale a poussé au moins deux cents creuseurs artisanaux à manifester violement dans la rue. Ils en ont profité aussi pour rappeler aux autorités provinciales leurs promesses d'ériger des zones d'exploitation.

La force à la loi

Le débat vient d'être relancé à l'occasion du démarrage à Kinshasa de la troisième édition de l'Alternative mining Indaba depuis le 9 juillet. Ce grand forum se tient sur le thème « An 1 du code minier : application, défis et opportunités en RDC ». Pour la Sarw qui prend part à ces assises, il est indispensable d'appliquer la loi qui crée les zones d'exploitation appropriées et encourage la cohabitation avec les industries minières. « Ce phénomène nécessite une décision courageuse des nouvelles autorités gouvernementales pour y mettre fin afin de sécuriser l'industrie minière.

La solution à ce phénomène ne peut pas passer par l'utilisation de la force mais plutôt par l'application de la loi », a affirmé Claude Kabemba, le directeur exécutif de la Sarw. L'application du code minier reste certes un préalable mais il est vrai aussi, a-t-il poursuivi, que les autorités congolaises doivent continuer à écouter les investisseurs, les communautés locales et la société civile.

Congo-Kinshasa

Ebola - L'OMS convoque une réunion d'urgence après un premier cas à Goma

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, aujourd'hui, la tenue demain mercredi, d'une… Plus »

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.