Congo-Kinshasa: [L'effet Kengo recherché] Sénat - Jusqu'où irait Bahati ?

Ramant à contre-courant, Modeste Bahati Lukwebo, l'homme seul de l'AFDC & Alliés, le cavalier solitaire, affrontera Alexis Thambwe Mwamba, le candidat préféré de Joseph Kabila, l'Autorité Morale du FCC. Le duel s'annonce chaud, annonce-t-on, dans les parvis de ces deux candidats.

Ils l'ont vu viré, lui, qui voulait, semble-t-il, éviter le mauvais casting du FCC au Sénat. Ils ont, peut-être, oublié qu'en son temps, en des circonstances presque similaires, Léonard She Okitundu, désigné comme cela l'est aujourd'hui pour Alexis Thambwe Mwamba par Joseph Kabila, l'Autorité Morale de l'ex-AMP, fut battu à plate couture par Léon Kengo wa Dondo.

Et, pourtant, ce dernier n'avait, à priori, aucune chance de remporter cette élection qui n'avait, d'ailleurs, souffert d'aucun recours en contestation des résultats.

La politique étant l'art du possible, est-ce que la solution à l'effet Kengo, s'il faut analyser à la loupe l'attitude de Bahati, était-elle dans sa suspension ou dans la mise en place des mécanismes devant obstruer les voies susceptibles de conduire à son éventuelle élection ? Telle est la question lancinante qui revient, en effet, sur toutes les lèvres, depuis l'annonce fracassante des sanctions infligées à l'encontre de l'Autorité Morale de l'AFDC & Alliés.

Pour plus de mille et une raisons, nombreux sont ceux qui pensent que cette affaire aurait dû être gérée autrement, sans passion, ni réactions épidermiques. Car, à tout prendre, toute mauvaise gestion de la suite du feuilleton peut induire le FCC en erreur et engendrer des contre-performances politiques aussi surprenantes qu'inattendues dans les autres instances législatives nationales et provinciales.

Au décryptage, si le FCC détient la majorité écrasante au Sénat, comme cela a été si souvent dit, depuis le départ de Kengo et de ses collègues, quel péché aurait-on commis de laisser Bahati, nonobstant son obstination, mener jusqu'au bout la barque de son aventure jusqu'au quai ? Et, à la place, il était question, par exemple, d'aligner les arguments massues, de soutenir Alexis Thambwe et, enfin, s'organiser à battre le "frondeur" en plein jour, recommande un observateur, sous le sceau de l'anonymat.

L'idéal, dans ce cas, aurait pu laisser l'idée de la démocratie prospérer dans les sphères du FCC plutôt que de donner l'impression d'y exercer, derrière l'étouffement des ambitions, une nouvelle dictature, une brimade en série ou une imposition qui ferait, contre toute attente, le lit d'une montée en puissances d'une nouvelle race de mouchards ainsi que d'autres thuriféraires de l'ère de l'alternance.

Certes, la discipline existe au sein du groupe. Mais, le droit à l'expression libre ainsi qu'à la liberté de pensée et de conviction demeure, à tout le moins, inaliénable. Et, dans le cas d'espèce, en privilégiant la discipline, n'a-t-on pas tué la démocratie, elle-même ?

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