Afrique: Selon le Baromètre de la Corruption, une personne sur quatre doit verser des pots-de-vin pour accéder aux services en Afrique (Afrobaromètre)

11 Juillet 2019
communiqué de presse

Accra, Ghana — Le nouveau Baromètre Mondial de la Corruption - Afrique 2019, publié à l'occasion de la Journée Africaine de Lutte Contre la Corruption par Transparency International et Afrobaromètre, révèle que plus d'une personne sur quatre qui ont eu accès aux services publics durant l'année écoulée ont dû verser des pots-de-vin.

Aux termes du rapport, la majorité des citoyens enquêtés dans 35 pays africains pensent que la corruption s'aggrave et que leur gouvernement n'arrive pas à le combattre.

La 10ème édition du Baromètre Mondial de la Corruption, principalement basée sur les enquêtes conduites au titre du Round 7 d'Afrobaromètre, est l'enquête d'opinion la plus importante et la plus détaillée portant sur les opinions des citoyens par rapport aux pots-de-vin et autres formes de corruption en Afrique. Elle correspond au No. 8 de la série des Pan-Africa Profiles d'Afrobaromètre portant sur ses résultats d'enquête les plus récents.

Le rapport souligne également que la corruption affecte de façon disproportionnée les citoyens les plus pauvres, qui doivent verser des pots-de-vin deux fois plus souvent que les riches pour accéder aux services publics tels que la santé et l'assistance de la police. Les jeunes versent plus de pots-de-vin que leurs aînés.

Résultats clés

- La corruption est en hausse: Plus de la moitié (55%) des citoyens pensent que la corruption s'est accrue au cours des 12 mois précédents l'enquête. Un quart (23%) seulement pensent qu'elle a régressé.

- Beaucoup de gouvernements ont du mal à faire mieux: Un citoyen sur trois (34%) seulement pensent que leur gouvernement affiche une bonne performance par rapport à la lutte contre la corruption, tandis que 59% estiment que la performance de leur gouvernement est mauvaise.

- Les préoccupations liées à l'intégrité des autorités publiques sont élevés: Parmi les institutions publiques les plus importantes, les agents de police sont les plus couramment considérés corrompus; presque la moitié (47%) des gens affirment que « la plupart » ou « tous » les agents de police sont corrompus. Mais beaucoup perçoivent également les autorités gouvernementales (39%) et les parlementaires (36%) comme impliqués dans les affaires de corruption.

- Beaucoup sont régulièrement confrontés aux demandes de pots-de-vin: Plus d'un sur quatre citoyens qui ont eu accès aux services publics, tels que la santé et l'éducation, ont versé des pots-de-vin au cours de l'année précédente. Ceci équivaut à 130 millions de personnes environ dans les 35 pays examinés.

- La corruption est plus durement ressentie par les plus vulnérables: Les personnes les plus pauvres sont deux fois plus susceptibles que les riches de se voir obligés de verser des pots-de-vin. Les jeunes (18-34 ans) sont plus susceptibles que leurs aînés de verser des pots-de-vin.

- En dépit des craintes de représailles, les citoyens peuvent faire la différence: Deux-tiers (67%) des citoyens craignent de subir des représailles s'ils signalent les actes de corruption. Qu'à cela ne tienne, plus de la moitié (53%) pensent que les gens ordinaires peuvent avoir un réel impact dans la lutte contre la corruption.

À propos du Baromètre Mondial de la Corruption

L'enquête du Baromètre Mondial de la Corruption - Afrique 2019 a été réalisée par Afrobaromètre dans 34 pays dans le cadre de ses enquêtes au titre du Round 7, en collaboration avec Transparency International, qui a, par ailleurs, commandité une enquête distincte en République Démocratique du Congo, réalisée par Omega Research.

Les enquêtes ont été réalisées face à face par une méthode d'entrevue personnelle assistée par ordinateur avec 47.105 adultes âgés de 18 ans et plus vivant dans 35 pays d'Afrique. Les travaux de terrain se sont effectués entre septembre 2016 et septembre 2018, et les enquêtes ont été échantillonnées et pondérées de sorte à produire des résultats nationalement représentatifs. Les résultats globaux pour l'Afrique équivalent à la moyenne des pays enquêtés.

Pour plus d'informations sur la méthodologie d'enquête, veuillez visiter le site Internet à l'adresse www.afrobarometer.org.

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