Cameroun: « Le problème c'est l'argent »

Le Festival Ecrans Noirs a pour but de promouvoir le cinéma africain et par ricochet les films camerounais. Mais, on a l'impression que le cinéma camerounais tarde à se révéler au monde. Est-ce à dire que les Ecrans Noirs ont échoué dans leur mission ?

Sans le Festival Ecrans Noirs, le cinéma serait mort au Cameroun il y a 20 ans à peu près. Nous avons pu maintenir la flamme et faire en sorte que les gens puissent aller voir des films au moins une fois par an. Grâce à ce festival, le Cameroun a le privilège de visionner tous les films importants du continent de ces derniers mois.

En terme de réalisation, nous avons fait une action dans la formation qui est très importante. Dans la zone francophone par exemple, sur 100 jeunes qui font vraiment du cinéma aujourd'hui, il y a 80 qui sont passés par les Ecrans Noirs.

Il y a des films de qualité et c'est pour cette raison que m'appuyant sur les résolutions de notre dernier conseil d'administration tenu la semaine dernière, nous allons nous rapprocher une nouvelle fois de la Crtv parce que au début de la nouvelle direction générale, cette chaîne de télévision montrait des films camerounais chaque semaine.

Il y a des difficultés à acquérir des productions locales. Il est question d'y remédier. Si les Camerounais continuaient à voir ces films, ils se rendraient compte que ces films décollent et sont appréciés.

Dans les compagnies aériennes, maintenant quand vous voyagez, vous voyez régulièrement des films de qualité. Encourageons les films de qualité qui se font et faisons en sorte qu'ils émergent. Je profite de l'occasion pour annoncer que la Cnps et les Ecrans Noirs lanceront la semaine prochaine le concours du scénario du film camerounais.

Nous signerons dans quelques jours avec Casablanca un accord qui fera que nous pourrons choisir cinq films tous les deux ans qui bénéficieront de la totale collaboration de la Casalab sur le plan de la postproduction. On retient qu'il y a un potentiel à développer, mais qu'est ce qui fait fondamentalement problème ?

Le problème c'est l'argent. Pour faire un film, devez mettre du monde ensemble. Vous devez réunir l'équipe technique et ça demande de l'argent que vous le vouliez ou non.

Honnêtement, quand je vois des scénarios qui passent devant moi, il y a de plus en plus des scénarios qui ont de la valeur. Le véritable problème c'est le manque de moyens. C'est pour cela que quand le ministre de la Culture m'a fait l'honneur de me recevoir dernièrement, je lui ai dit qu'il faut que nous passions à la phase de la détection et de l'accompagnement des vraies productions.

Si on se concentre sur un ou deux films par an, on pourrait en faire quelque. C'est l'argent qui manque. Les qualités artistiques il y en a. au niveau des comédiens, nous avons l'un des plus beaux casts d'Afrique. On a des pouvoirs publics qui ont des moyens parce que la télévision nationale devrait coproduire des films camerounais.

Il faut que tout celàa se mette en ensemble et c'est peut-etre la responsabilité d'un festival, comme Ecrans Noirs, qui rappelons-nous est reconnu d'utilité publique. Cette reconnaissance, ne nous accorde pas que des droits, mais aussi des devoirs.

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