Ile Maurice: Réduction de la dette publique - La vente de MauBank et la NIC relancée

La vente des actifs non stratégiques annoncée dans le Budget 2019-20 se précise. Pour cause, le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a confirmé, le mardi 9 juillet, à l'Assemblée nationale, que MauBank et la National Insurance Company (NIC), l'ex-BAI, sont parmi les actifs que le gouvernement se propose de vendre pour engranger des revenus à être versés au Consolidated Fund et réduire éventuellement le niveau d'endettement du pays.

Est-ce que le gouvernement, qui est l'unique actionnaire de ces deux entités, va une nouvelle fois privilégier le groupe indien Hinduja en relançant les négociations entamées il y a plus de deux ans pour reprendre leurs activités ? À la MauBank Tower, à Ébène, personne ne semble être au courant au niveau de la direction, s'appuyant sur la réponse de Pravind Jugnauth pour préciser qu'il est prématuré à ce stade de parler de vente, vu que la banque jouit toujours d'une santé financière fragile même si elle n'est pas dans le rouge. «Pour l'année financière se terminant au 30 juin 2019, la MauBank dégagera un léger profit mais pas assez pour attirer un partenaire stratégique et espérer d'obtenir un bon deal, à moins qu'on souhaite s'en défaire pour des miettes.»

D'ailleurs, les négociations sont au point mort avec le groupe indien en 2017 suivant la décision de ce dernier de racheter l'établissement bancaire pour des clopinettes. Interrogé, le représentant du groupe Hinduja, Mayank Malik, n'a pas souhaité faire de commentaire sur la relance d'une nouvelle négociation. «I will not comment as I don't know the context», a-t-il déclaré.

Pour le moment, on ne connaît pas la stratégie du gouvernement. Un des directeurs de MauBank Holdings explique à l'express que l'État, en tant qu'actionnaire majoritaire, dispose de plusieurs options pavant de s'engager auprès d'un partenaire stratégique même s'il tient à souligner qu'à ce stade, il n'existe aucune indication sur cette démarche et sur l'identité d'un repreneur éventuel, s'il y en a un. «Le gouvernement peut disposer d'une partie de ses actifs et garder le contrôle de la banque qui pourrait éventuellement être cotée en Bourse.» Selon d'autres sources, la question de céder une partie du capital de la Maubank fait partie d'une stratégie. «Ce sont des négociations qui se font au bureau du Premier ministre, qui aura généralement le dernier mot sur le deal. Il a toujours défendu l'option qu'un éventuel repreneur doit à la fois acquérir MauBank et la NIC. C'est un package qui est proposé.»

Manque de visibilité

Or, la réponse de Pravind Jugnauth à l'interpellation du porte-parole économique du MMM, Reza Uteem, est claire : ce n'est pas le rôle du gouvernement de gérer une banque. En même temps, Pravind Jugnauth, en tant que ministre des Finances, n'est pas intéressé à brader cette banque, fruit de l'ex-Mauritius Post & Cooperative Bank (MPCB) et de la National Commercial Bank (anciennement connue comme Bramer Banking Corporation).

Le gouvernement veut récupérer les Rs 3 milliards investies dans cette banque en janvier 2016 au moment de sa recapitalisation. «Si Maubank ouvre 30 % à 40 % de son actionnariat à un investisseur, qu'il soit Hinduja ou un autre, elle sera financièrement en mesure de rembourser les capitaux que l'État y a investis. Et elle pourra en même temps avoir un partenaire stratégique pour lui permettre de passer à un nouveau palier de son développement», souligne un spécialiste financier. Celui-ci ajoute toutefois qu'il voit mal un partenaire stratégique investir massivement dans cette banque et se contenter d'une posture d'actionnaire minoritaire. D'ailleurs, la multinationale indienne, qui brasse un chiffre d'affaires d'USD 50 milliards, privilégierait une participation majoritaire de 70 % au sein du capital de MauBank, laissant la différence à l'État.

Quoi qu'il en soit, MauBank, qui, au moment de son lancement en janvier 2016, ambitionnait d'être la troisième banque domestique en termes d'actifs, se retrouve aujourd'hui à la quatrième place après la MCB, la SBM et Bank One, avec des actifs totalisant Rs 26 milliards en 2017. De plus, depuis sa prise en charge par la nouvelle direction en novembre 2018, la banque souffre cruellement d'un manque de visibilité dans le paysage financier, sans grande l'apport de initiative en termes de nouveaux produits et services. Le board s'appuie sur la nomination du nouveau Deputy Chief Executive Officer (CEO) pour dynamiser les opérations de cette banque (voir hors-texte).

Vishuene Vydelingum officiellement promu no 2

C'est confirmé. Vishuene Vydelingum vient d'être promu au poste de Deputy CEO de la MauBank. À ce titre, il sera officiellement le no 2 de la banque, derrière Premchand Mungur, qui agit comme CEO. Lors de son deuxième passage au sein de cette institution il y a trois mois, il était Executive Head chargé des opérations bancaires commerciales et internationales ainsi que de la gestion de la trésorerie et du département des PME. Il avait rejoint la banque une première fois en juillet 2016 comme Executive Head Corporate & Institutional Banking. Il avait démissionné en octobre 2017.

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