Burkina Faso: Apposition d'images dissuasives sur les paquets de cigarettes - Et les boissons alcoolisées dans tout ça ?

11 Juillet 2019

Ça y est ! Depuis le 1er juillet 2019, les paquets de cigarettes seront vendus au Burkina Faso, avec des images choquantes au recto ou au verso et ce, conformément à la loi anti-tabac de novembre 2010. Les consommateurs y découvriront l'image d'un homme atteint d'un cancer de la bouche avec des joues épaissies, des plaques blanches et des lésions sur les lèvres.

L'objectif, pour ainsi dire, de cette image, est de décourager les fumeurs. J'avoue que, personnellement, j'ai applaudi à tout rompre quand j'ai entendu une telle mesure.

Cela, d'autant que ce sont plus de 7 milliards de bâtons de cigarettes qui inondent le marché burkinabè depuis 2018. Pour moi, il s'agit d'une victoire d'étape dans la lutte contre le tabagisme qui, selon les statistiques, fait plus de 4 800 victimes par an, à travers le monde.

Quant au Burkina Faso, il connaît une prévalence de 17,5% de fumeurs. En tout cas, pour ma part, les autorités burkinabè ont vu juste. Il leur revient maintenant de veiller au strict respect de cette mesure en procédant à la répression sévère de tout contrevenant.

De même, je souhaite que les autorités sévissent contre ceux-là qui, en dépit des campagnes de sensibilisation menées çà et là, continuent de fumer dans les lieux publics et ce, sans aucun respect pour les autres. Je pense qu'il est maintenant temps de procéder à la répression.

On peut aussi exiger des dolotières qu'elles affichent dans leurs coins de vente, des images choquantes d'un soulard atteint de démence

Sans doute cela servira-t-il de leçon à tous les apprentis sorciers. Cela dit, tout en félicitant les autorités pour l'adoption d'une loi imposant l'apposition d'une image dissuasive obligatoire sur les paquets de cigarettes, je voudrais attirer leur attention sur un autre aspect. Pourquoi ne pas en faire autant pour les boissons alcoolisées ?

Car, autant la cigarette tue, autant les boisons alcoolisées tuent. Et il suffit de faire un tour dans certains villages du Burkina pour savoir que je ne suis pas en train de parler dans le vide. Je n'ai pas de chiffres officiels mais je sais qu'il y a de nombreux décès liés à la consommation de boissons alcoolisées.

Et qui dit boissons alcoolisées parle de la bière, du vin et bien entendu du dolo. Eh oui, on peut aussi exiger des dolotières qu'elles affichent dans leurs coins de vente, des images choquantes d'un soulard atteint de démence, de cancer ou je ne sais quoi.

J'oublie volontiers les liqueurs qui sont de loin très nuisibles à la santé et qui ont contribué à détruire de nombreux bras valides. Voyez-vous ? Il n'y a donc pas que la cigarette. Pour cela, je souhaite que les autorités y réfléchissent.

Je ne dis pas d'interdire la vente des boissons alcoolisées. Non, tel n'est pas mon propos, puisque moi-même j'en consomme. Je demande seulement d'encadrer le secteur pour éviter les dérives que l'on constate.

Je sais que beaucoup, en me lisant, ne seront pas contents parce qu'ils voient ainsi leurs intérêts menacés. Mais ils oublient que pour moi, seul prime l'intérêt général.

Et au nom de cet intérêt général, je ne sais pas faire dans le sentiment. Peu importe si cela me vaudra la furie des uns et la sympathie des autres.

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