12 Juillet 2019

Madagascar: Région NMC - Pour une gestion durable des ressources marines et côtières

Une importante réserve de biodiversité biologique et des écosystèmes riches. Le Nord du Canal de Mozambique (NMC ou Northern Mozambique Channel) est sans conteste l'un des plus importants centres de biodiversité dans le monde.

Réunissant la zone marine et côtière entre le Nord de Madagascar et le Mozambique, le Sud de la Tanzanie, une petite partie des Seychelles et l'archipel des Comores, le NMC est une forte réserve de diversité biologique au degré d'endémisme élevé, mais qui est actuellement en déclin.

Les pressions sans cesse croissantes exercées par le développement des infrastructures côtières, les industries extractives et la croissance démographique ont menacé la fragilité des écosystèmes et compromis la durabilité des services qu'ils fournissent. S'y ajoute le changement climatique, une sérieuse menace pesant sur cet espace.

Outre ses plus de 400 espèces de coraux, le plaçant à la seconde place en biodiversité marine après le Triangle de corail, le NMC représente également une importante zone de reproduction et d'alimentation pour les espèces marines et migratrices phares, notamment le thon.

Cette zone « fournit des habitats critiques à de nombreuses espèces et ressources marines, vulnérables à la surexploitation et au changement climatique futur », explique WWF Madagascar.

Région importante pour la pêche, les pêches artisanales à petite échelle sont cruciales pour les populations de son littoral car elles représentent une source de revenus, tout en assurant leur sécurité alimentaire. « On pense également que cette région constitue une réserve clé de pétrole et de gaz », informe toujours WWF.

Consultation. Afin d'en préserver les écosystèmes, il urge que le NMC soit au centre d'actions conjointes dans la région. Des actions communes impliquant les gouvernements, les communautés locales, le secteur privé et les organisations de la société civile.

Selon WWF Madagascar, quelques acteurs travaillant sur la gestion des ressources marines, notamment le Secrétariat de la Convention de Nairobi, Recherche et développement des océans et des côtes dans l'Océan Indien (CORDIO) à l'Est de l'Afrique, et le WWF (Fonds mondial pour la nature) ont proposé une idée « susceptible de susciter la collaboration des pays et des principaux partenaires impliqués dans l'utilisation des ressources de la région NMC ».

C'est ainsi qu'un long processus de consultation a eu lieu de 2013 à 2015 entre les Comores, Madagascar, le Mozambique et la Tanzanie, les cinq pays de la région NMC. Il en est ressorti la décision de mettre en place l'initiative, baptisée « Northern Mozambique Channel initiative » (NMCi).

Ce, dans le dessein d'opérationnaliser les trois objectifs majeurs identifiés lors des consultations. Il s'agit, d'une part, de poser les bases d'une gestion intégrée des ressources marines ainsi que la planification spatiale marine ; et d'autre part, de planifier - et adopter- les meilleures pratiques environnementales et sociales dans le secteur du pétrole et du gaz afin de réduire les impacts sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Et enfin, d'améliorer des modèles et pratiques efficaces pour la gestion des ressources par les communautés locales.

Projet ambitieux. La réunion de plusieurs Etats membres de la Convention de Nairobi, afin de trouver les moyens de soutenir la conservation et la gestion de la région NMC, a permis de prendre des décisions majeures qui ont été prises pour la conservation marine lors de la Conférence des parties à la Convention de Nairobi, par le biais des décisions CP8/6(b) et CP9/7(b) sur l'approche intégrée de la gestion des océans dans le NMC.

Un projet ambitieux sur le volet gestion intégrée des ressources marines et côtières de cette zone sera financé par la France, une partie contractante à la Convention de Nairobi.

Le Secrétariat de la Convention de Nairobi, CORDIO, WWF, le « Wildlife Conservation Society « (WCS), « Blue Ventures » (BV), la « Fauna and Flora International » (FFI), « The Nature Conservancy » (TNC), et « Conservation International » (CI) vont mettre en œuvre le projet de collaboration.

« Les principaux bénéficiaires directs seront les gouvernements et les communautés locales des pays de la région NMC.

Les donateurs potentiels se joindront également à l'effort collectif, y compris le Margaret A. Cargill Philanthropies (MACP), l'Agence suédoise de développement international (SIDA) et l'agence norvégienne de coopération au développement (Norad) », a-t-il été appris.

Ce projet permettra de mieux gérer de manière plus durable les ressources précieuses fournies par le NMC.

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