Afrique de l'Est: Goma - Un atelier pour améliorer la qualité des produits et soutenir l'intégration au sein du COMESA

Un atelier réunit, depuis mercredi 10 juillet, au centre d'accueil Bakanja de Goma, au Nord-Kivu, vingt-cinq opérateurs économiques du secteur alimentaire de cette province et vingt-cinq autres agents de l'Office congolais de contrôle (OCC).

Ces assises de dix jours ont pour objectif d'aider les premiers à améliorer la qualité de leurs produits pour que ceux-ci soient éligibles à l'exportation sur le marché régional et de permettre aux seconds d'améliorer leurs compétences en tant qu'agents chargés du contrôle de qualité de l'OCC.

Organisé par l'OCC et la Cellule d'appui à l'ordonnateur national du Fonds européen de développement (COFED), cette formation, porte sur la gestion du système de sécurité sanitaire des aliments, s'inscrit dans le cadre du Projet de renforcement des capacités pour la mise en œuvre de l'intégration régionale de la République démocratique du Congo dans le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA). Projet financé par l'Union européenne (UE) au titre du 10ème FED (Fonds européen de développement).

« La RDC a un problème de qualité des produits vers l'exportation parce que, souvent, les opérateurs économiques produisent sans normes, ou même lorsqu'ils les ont, il y en a qui ne les appliquent pas comme il faut. Nous voulons les aider à arriver à la certification de leurs produits », fait savoir l'experte en Technologie alimentaire et nutrition, Yandju Marie-Claire, qui dispense la formation. Et d'ajouter, en prévenant : « Et la certification n'est pas sur papier, c'est le produit lui-même qui s'exprime. »

Rendre les produits compétitifs

Il s'agit donc, à travers cette formation, d'une part, d'aider les opérateurs économiques à savoir comment rendre leurs produits compétitifs et, d'autre part, d'amener l'OCC à évaluer correctement un produit à travers ses procédés de fabrication, son conditionnement et même à évaluer sa traçabilité pour qu'il soit exportable. « Cette évaluation de l'OCC concerne tout autant les produits qui viennent de l'extérieur, à défaut de quoi notre pays sera la poubelle de tout le monde », craint Mme Yandju Marie-Claire.

Si, jusque-là, les échanges ne se faisaient, pour la plupart, que dans un même sens, à savoir les importations, l'ouverture du marché régional est une opportunité pour les petites entreprises locales. Et sans qualité certifiée, les petites entreprises locales risquent d'être asphyxiées.

« La qualité des produits est une exigence capitale pour survivre dans ce grand marché car vous pouvez exporter une fois. Mais si la qualité n'est pas au rendez-vous, le client ne reviendra jamais et vous tomberez en faillite », conseille le directeur provincial intérimaire de l'OCC au NordKivu André Izinga Sangilia.

De bonnes politiques

Pour être viables sur le marché régional et international, les entreprises ont besoin d'accompagnement depuis la base de leur travail. « Certains entrepreneurs ont reçu des autorisations de vente pour des produits dont ils ne maîtrisent même pas la composition », a indiqué un opérateur économique. Qui a exprimé un souhait dans ce sens : « Nous voulons d'un Office de contrôle qui joue son rôle sur le terrain et qui ne se limite pas à donner des papiers, moyennant payement, sans même visiter les entreprises concernées. »

Et un autre d'ajouter : « Il est urgent que chaque acteur sente la nécessité de bien faire son travail, car il en va de notre survie sur le marché régional. Il suffit que certains de nos produits soient de mauvaise qualité pour que les consommateurs nous rejettent en bloc. »

Les opérateurs économiques, qui disent beaucoup attendre de cette formation sur la gestion du système de sécurité sanitaire des aliments, espèrent que le gouvernement congolais fera sa part de responsabilité dans cette grande aventure qui commence. Après Goma, la même formation se tiendra également à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

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