Congo-Kinshasa: Selon une étude du CERERK - Le projet de la centrale hydroélectrique de Zongo 2, «mal évalué et mal planifié»

Dans une étude menée sur la centrale hydroélectrique de Zongo 2, le CERERK constate que ce projet est mal évalué sur le plan financier et technique. Par conséquent, mal planifié et inachevé.

Le Centre d'études et de recherches sur les énergies renouvelables Kitsisa Khonde de l'ISTA/Kinshasa (CERERK) a présenté, hier mercredi 10 juillet à l'hôtel Bella Riva, à Gombe, son rapport d'audit relatif au projet de la centrale hydroélectrique de Zongo 2. C'était en présence du conseiller du président de la République en charge des infrastructures et tant d'autres experts du secteur énergétique de la capitale.

Dans son exposé, le professeur Bernard Ndaye Nkanka, l'un des membres du groupe de recherche, a fait remarquer que la RDC regorge d'énormes potentialités hydroélectriques, curieusement, elle connaît une crise énergétique majeure. Dans le but de faciliter l'accès de la population à l'énergie électrique, le CERERK a mené une étude dans le cadre du projet Mwangaza. Projet qui, à en croire Bernard Ndaye Nkanka, vise à analyser le fonctionnement des barrages hydroélectriques disséminés à travers le territoire national, en vue de proposer des solutions pour une meilleure électrification de la RDC.

Le choix porté sur ce projet offrait une possibilité de construire une centrale hydroélectrique d'une puissance estimée à 150 MW. Son exploitation permettrait de fournir l'énergie à Kinshasa-Ouest et une partie de la province du Kongo Central, renseigne le rapport. Par ailleurs, l'étude a démontré que ce projet est insatisfaisant, mal évalué financièrement et techniquement. Il est également inachevé, mal planifié.

Cependant, on le qualifie d'encourageant. Raison pour laquelle, le CERERK recommande aux autorités politiques et techniques de mettre les moyens nécessaires à la finalisation des ouvrages restants. Cela permettra à la population congolaise en général, et kinoise en particulier, de bénéficier rapidement du courant électrique produit par cet ouvrage. RECOMMANDATIONS A l'issue de l'étude, les experts du CERERK ont formulé des recommandations en vue d'améliorer la transparence au niveau des acteurs intervenants dans le projet de Zongo 2.

Au niveau du gouvernement, il recommande de parachever les travaux de construction de la ligne Zongo 2-Kinshasa ; de réhabiliter le réseau de distribution Kin-Ouest comme prévu dans le projet ; de mettre sur pied l'autorité de régulation dans le cadre de la libéralisation du secteur de l'énergie électrique consacrant l'ouverture du marché aux partenaires privés. Quant au gouvernement, le CERERK lui recommande de veiller sur les conditions de passation des marchés dans le secteur de construction des centrales électriques ; d'examiner les contrats avec les partenaires financiers et les entreprises de construction des centrales électriques.

Dans le même registre, il est, entre autres, recommandé au ministère de l'Energie de motiver auprès du gouvernement la création d'une agence nationale de planification énergétique ; préparer et élaborer, pour le compte du gouvernement, des politiques énergétiques encore inexistantes dans le pays ; élaborer des stratégies de mise en œuvre des projets retenus du plan de développement basé sur des décisions politiques solides.

A la SNEL, l'étude recommande de répertorier tous les travaux ayant fait l'objet de contestation avec Sinohydro en guise de négociation en cas d'éventuels travaux de réfection ou révision, ou encore en cas des dégâts matériels pouvant subvenir sur les infrastructures déjà terminer ; associer le monde académique et les centres de recherche dans la validation des projets de grande envergure dans le pays. En ce qui concerne Sinohydro, le CERERK demande à cette entreprise chinoise de tenir compte des règles de l'art dans la construction des centrales hydroélectriques ; d'assumer ses responsabilités en cas de défaillance des équipements à la centrale hydroélectrique de Zongo 2. Avant de recommander à la Société civile de jouer son rôle de représentante de l'opinion silencieuse du pays. Il sied de noter que le CERERK est un centre de recherche à caractère scientifique et technologique. Créé en 2013, sa mission principale est «de mener des études et des recherches fondamentales et appliquées sur les énergies renouvelables».

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