Afrique Centrale: Les dirigeants de la région des Grands Lacs réunis à Luanda

12 Juillet 2019

Luanda accueille une rencontre sur la sécurité de la région des Grands lacs. Autour du président angolais, João Lourenço, ses homologues congolais, Félix Tshisekedi, rwandais, Paul Kagame et ougandais, Yoweri Museveni.

Le président ougandais Yoweri Museveni et son homologue rwandais Paul Kagame sont deux anciens amis qui, aujourd'hui, se positionnent comme des rivaux. Paul Kagame accuse ainsi Yoweri Museveni de chercher à déstabiliser son régime en coopérant avec l'opposition rwandaise et les rebelles hutus. Museveni pour sa part accuse Kagame d'espionnage.

Une brouille qui pèse sur les économie

Sous le prétexte d'un incident frontalier ayant engendré la mort d'un Rwandais et d'un Ougandais il y a six mois, Paul Kagame avait alors fermé la frontière entre son pays et l'Ouganda, bloquant ainsi une route commerciale pourtant essentielle dans la région.

"Les conséquences sont négatives parce qu'elles affectent les populations locales" déplore Epimak Kwokwo, coordonnateur de la Ligue des droits de la personne dans les Grands lacs. "Il y a par exemple les importations qui se faisaient entre l'Ouganda et le Rwanda qui ne sont plus fluides comme avant. Maintenant, pour ce qui concerne les produits et les denrées alimentaires importés de l'Ouganda vers le Rwanda, les prix ont augmenté."

Sécurité et diplomatie

C'est donc dans ce contexte que se tient ce vendredi à Luanda une réunion dont l'enjeu est avant tout sécuritaire. Mais au cœur de ce sommet se joue aussi la décrispation des relations entre Kigali et Kampala. Jean-Claude Katende, président de l'Association africaine de défense des droits de l'homme, y place beaucoup d'espoirs : "Pour nous, c'est un pas qu'il faut absolument encourager et soutenir. Afin que de cette réunion sortent des orientations qui permettent d'éteindre le conflit latent entre les deux pays. Mais aussi que les frontières soient rouvertes pour permettre aux populations, qui en ont énormément besoin, de renforcer leurs relations et leurs échanges à tous les niveaux."

Les intérêts parfois contradictoires de Paul Kagame et de Yoweri Museveni sont d'ordre sécuritaire. Leur litige porte aussi sur le contrôle des ressources minières de la région.

Si l'intérêt de l'Angola n'est pas évident dans ce sommet qui se tient sur son sol, en revanche le président congolais Félix Tshisekedi pourrait utiliser cette réunion comme une opportunité, notamment pour appeler à lutter contre les bandes armées à l'est de son pays.

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